Par le sang Dieu! devenu le coquet Palsambleu! des ués
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ouir (a) les allarmes qui là se faisoient. Au moyen dequoy chacune se délibéra d'aller voir que c'estoit : car d'hommes n'y avoit que les aagés, qui estoient à (b) garder l'hostel, attiser le feu, et reculer le pot, qui y vindrent; mais ce fut sur le tard. Les femmes donc bien eschauffees, et toutes affaires cessées, se trouvèrent là; et (comme Dieu voulut) celles de Flameaux rencontrèrent celles de Vindelles en front. Les Vindelloises voyans ainsi mal mener et accoustrer leurs povres (c) maris, voulurent en faire la vengeance sur les Flamiennes ', et de fait commencèrent à beaux coups de pierres ; celles de Flameaux se revenchoient aussi à beaux cailloux : mais pource qu'il y avoit un bon Gautier, qui jugeoit des combats (d), qui leur dit (en se moquant d'elles) qu'elles ne pourroient jeter pierres sans lever la cuisse, elles commencèrent (par despit) à beaux coups de poing sur le nez, traisner par les cheveux (e) , esgratigner, mordre, descoiffer, et faire mille maux, comme vous entendez que femmes font. Je laisse un peu ces femmes, et reviens aux Vindellois, qui honnestement et au plus seur avoient joué de l'espee à deux jambes2, et avoient beau requérir miséricorde, et que pour
a. Var. : Entendre le bruit et allarmes.
b. Var. : Demoarez pour.
c. Var. : Leurs povres meschans maris.
d. Var. : Des coups.
e. Var. : S'entretraisner à escorchecul.
i. Flamiennes et non flaminiennes comme le disent les éd. de 1732 et de 1842.
2. S'enfuyaient. L'image se présente immédiatement à l'œil et à l'esprit.
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la pareille on les laissast : car on chargeoit sur eux de si bonne grâce et forme, qu'en fuyant furent poursuyvis jusqu'en leur village, encore ne pouvoient presque trouver leurs maisons, à raison de la grand haste et peur qui les conduisoit. Les Flameaux (au moins aucuns) vouloient plus outre et trop asprement poursuyvre leur fortune; toutesfois des plus sages dirent qu'ilz en avoient tout au long de l'aune, et qu'il ne falloit se venger si cruellement. Cela fut trouvé bon, et se retirèrent avec la veze et hautbois, de quoy ilz s'esbaudirent rustrement; et vont trouver les femmes, qui encore se combattoient. En conflit (a) y avoit des herbaudes ' d'un costé et d'autre, qui faisoient rage de frapper; une, entre autres, qui avec son soulier cloué chargeoit (b) à tour de bras; une autre, avec le pied, ne trouvoit rien qu'elle ne meist par terre; une autre qui avec une pierre qu'elle avoit mise en sa bourse, frappoit comme un quasseur d'acier. Brief, il n'y en avoit pas une qui ne feist le diable (c). Et y fussent encore ces bonnes dames, si la nuict ne les eust départies. A ceste cause (d), chacune se retira à son enseigne, n'ayans laqs ni couvrechefs en teste, le visage tout esgratigné, les oreilles presque arrachées, et les cheveux Dieu sait comment accoustrés, et
a. Var. : En ce combat.
b. Var. : Frappoit.
c. Var. : Le diable d'arguer.
d. Var. : Au moyen dequoy.
i. Hargneuses. Herbaut, chien basset dressé à chasser les gens déguenillés. Rabelais dit : monter dessus comme herbaut sur pauvres gens.
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les robes rompues. Par le moyen de la nuit survenue, commencèrent à belles injures, comme Putains, Vesses, Ribaudes ', Paillardes, Prestresses, Bordelieres, Tripières, Lorpidons, vieilles Edentees, Meschantes, Larronnesses, Maraudes, Coquines, Sorcières, Infâmes, Truyes, Chiennes, Commères de fesses, Foireuses, Morveuses, Chassieuses, Pouilleuses, Baveuses, Merdeuses, Glorieuses, Malheureuses, Tigneuses, Galeuses, vieilles Haquebutes à croc, vieilles Dogues [a) plus ridées qu'un houzeau de chasse-marée, vieux Cabas, demeurans de Gensdarmes, Maquerelles 2, Brouillons, Effrontées, Puantes, Rouillees, Effacées, Mastines tannées, Louves. Et tellement crioient etbrailloient (b) ces déesses, que tout le bois de la Touche en retentissoit, ainsi que me conta depuis Hillot Fessepain, qui pour lors y estoit, coupant une branche d'Orme pour faire un arc. De dire à la vérité qui gagna et emporta le prix, on n'en sauroit faire seur jugement, attendu l'addresse et hardiesse de toutes les deux parties au fait de bien donner coups de poings, et de babiller : car de tous les deux costés estoient presque rendues, qu'encore s'entremenassoient. Ce chemin, appelé vulgairement et notoirement creux, fut deslors appelé
a. Var. : Vieilles drogues, sans épithète.
b. Var. : Bramoient.
i. L'édition de 1549 intercale ici : vieilles pourries.
2. L'édition de 1549 ajoute : greniez à morpions, refuz de Bordeaux, Canlonnieres. landies deschiquetees, gouffres à coudions ; vieil Haraz, vieilles Panosses, Guenippes, Farcineuses, chancreuses, Cottignat de Vérole, loudieres, vieilles Moulues.
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le chemin de la Rencontre. Et si bien se sont maintenuz en leurs colères et droits, que si par fortune se rencontrent audit chemin (comme deux hommes font assez souvent) faut nécessairement qu'ilz se donnent le choc, et chargent l'un sur l'autre, seulement pour entretenir ceste bonne et louable coutume, et ainsi l'ont promis et juré faire et tenir, et de leur gré et consentement les y avons condemné et condemnons, comme de maintenant pour lors, et de lors pour maintenant. Et estoit ce que avois à vous dire de ceste journée du Chemin de la Rencontre, vous asseurant que j'en ay dit comme je l'entendois. Anselme print la parole, disant que les Vindellois, de tout temps immémorial, estoient fort quereleux, et n'y avoit ordre en leur colère. Aussi que le plus souvent et tousjours estoient battuz, ou l'on leur faisoit quelque tromperie; et luy souvenoit (ce disoit il) comment ils perdirent beaucoup, allans à Haguillenneuf ', parce qu'ilz feirent un trop grand tort, et sans propos, à Mis-
1. Ce mot est un cri que les enfants et même les hommes, comme nous l'allons voir, proféraient en allant chercher, au commencement de l'année, des étrennes. C'est, a-t-on prétendu, un reste des coutumes druidiques et la véritable orthographe serait au gui, l'an neuf. Mais il y en a une trentaine d'autres. La plus récente que nous connaissions et très-vraisemblablement la meilleure est celle proposée par M. Le Guen (Recherches sur l'origine d'une ancienne coutume bretonne, Brest, 1869) et acceptée par M. Miorcec de Kerdanet. Il n'y est plus question du gui, ni de la forme Enghin-an-eit, le blé germe? Les Druides sont éliminés et le mot Cuinané pour Guic-naounnec signifierait simplement : le village affamé; formule assez naturelle pour demander la charité et les étrennes qui ont été longtemps, en Bretagne, une forme de la charité.
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toudin. Je croy (dist lors Pasquier) que la compagnie ne me desdira en ce que je veux pour elle entreprendre, c'est que le compère Anselme conte des Vindellois, et de leur audace, mesmes comme à leur honte ils furent à Haguillenneuf. Ne faites tant de préoccupations (dist Anselme) car aussi bien j'estois délibéré de le dire.
Mistoudin se venge de ceux de Vindelles, qui l'avoienl battu, allans à Haguillenneuf.
Poursuyvant ce que le compère Huguet a ja conté (dist Anselme) les Vindellois, neantmoins que audacieux et glorieux, toutesfois ont le bruit d'avoir amené beaucoup de coustumes en ce pays, unes bonnes, autres mauvaises : mesmes sont les premiers que j'ay veu, qui ont porté bonnets à cropiere, chausses à la Martingale, et à queue de merlus, souliers à Poulaine, et chapeaux albanesqs '. Et avec ce sont estimés de tout temps les meilleurs et plus suffisants bouleurs2 du pais, et autant beaux mengeurs de fèves qu'on peust trouver : et d'asseurance, qu'ilz ne se cachent quand on disne. Une fois s'avisèrent après boire (comme nouvelles opinions et fantasies (a) viennent aux pensées des hommes),
a. Var. : Nouveaux advis, nouvelles opinions.
i. Il est difficile de se représenter ces diverses modes, il ne nous est resté que le souvenir de l'une d'elles dans l'habit à queue de morue.