‹ Œuvres facétieuses, rev. sur les éditions originales et accompagnées d'une introd., de notes et d'un index philologique, historique et anecdotiqueChapitre 62 sur 211 · Fausser compagnie se dit encore · texte numérisé non relu

Fausser compagnie se dit encore

104 Propos rustiojjes

Philipot, lequel ayans prins les pourceaux de son ancien ennemy Guillot, qui mangeoient ses naveaux en son Jardin derrière, ne leur voulut jamais faire mal, ne pis qu'aux siens, ains les traiter comme appartient à bestes de telle ou semblable gravité. Auquel comme Guillot eust envoyé son fils aisné Tredouille, le remercier du bien et honnestetéque de sa grâce avoit fait à ses porcs, dont luyrestoit bien obligé, respondit : Ce que j'en ay fait, ce n'est à l'occasion de chercher amytié avec ton père, mais mon naturel, qui ne consiste (dont je remercye Dieu) à me venger sur une beste, bien sachant ce ne provenir que de ton père, premier argument de nostre desbat. Au reste, asseure le de par moi (ce qu'il sçait assez toutesfois) d'une perpétuelle inimitié, et qu'il n'avoit que faire rompre ma haye, pour furtivement me prendre mes choux, le larron ; et me nier un unzain, que j'avançay pour luy au faiseur de roues, qui tous les jours me menasse de me faire adjourner '. Aussi que ses porcs sont continuellement souz mes poiriers, dont je me sens fort intéressé ; et ne faut qu'il allègue mes champs estre mal clos, car je suis celuy, possible, qui regarde autant de près à les bien clorre et hayer 2 : mais que ferez vous à un larron ? Ha (dist lors Tredouille) j'ay ouy dire à mon père que vous luy prinstes une Bécasse à un collet qu'il avoit tendu près la rivière, es prés ? de Caillette ; ne vous en souvient-il ? Il faudrait

i . Appeler devant le juge.

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