‹ ŒuvresChapitre 19 sur 128 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

TIRCIS

La charmante Phîlis est celle que j'adore ; L'amour et ma Philis soutiendront mes accens. Vous qui la connaissez, n'écoutez pas mes chants , J'ai prononcé son nom, que puls-jc dire encore?

ÉLICIO.

Je veux cacher le nom de l'objet qui fit naître Ce feu dont je me sens embrasé pour jamais : Hélas ! je me ti-ahis si je peins ses attraits ; Comme elle est la plus belle, on va lu reconnaître.

TIRCIS

La pomme colorée est la fidèle image

Du teint vif et brillant de ma chère Philis :

Ses regards languissans, l'arc de ses noirs sourcils,

Retiennent tous les coeurs dans un doux esclavage,

ÉLICIO.

La rose au teint vermeil, la neige éblouissante, Kessemblent aux appas dont je suis enchanté : Cette neige résiste aux ardeurs de l'été ; L'hiver ne flétrit point cette rose brillante ' .

TIRCIS

Philis depuis deux ans cause seule mes peines ; Je l'aimai dès le jour où je vis ses yeux bleus : L'Amour m'attendait là, cache' dans ses cheveux ^ ^ Et de ses tresses d'or il fit pour moi des chaînes.

ÉLICIO.

L'Amour depuis long-temps me tient sous sa puissance. Quand j'aperçus l'objet dont je suis amoureux,

' La blanca nieve, y colorada rora,

Que el verano no gasla, ni el invicrno, etc. =* En las rubias madéja se escondia.

7S GALATEE.

Je vis l'enfant allé sourire dans ses yeux ; Dans mon cœur aussitôt je sentis sa présenee.

TIRCIS

Comme un miroir brisé mille fois nous pi'csente L'objet qu'il multiplie à nos regards surpris : De même un seul coup d'œil de ma belle Philis Grave dans tous les cœurs son image charmante ^ .

ÉLICIO.

Comme un agneau bêlant qui demande sa mère, Saute et bondit de joie en la voyant venir : De même vous verriez nos bergers tressaillir Quand à leurs yeux charmés vient s'offrir ma bergère.

TIRCIS

Je garde à ma Philis, pour le jour de sa fête , Deux chevreaux tachetés qu'avec soin je nourris ; J'en serai trop payé, si je reçois pour prix Les bluets dont Philis a couronné sa lête.

ÉLICIO.

Je ne peux rien offrir à la beauté que j'aime : Hélas ! je n'eus jamais que mon cœur et mon chien. Mon cœur depuis long-lcmps est devenu son bien ; Mon chien la suit déjà comme un autre moi-même.

Les deux ber(i;ers cessèrent de chanter. Silverie incertaine aurait voulu donner deux prix. Vos talens sont égaux, leur dit-elle ; je n'ose et je ne

■ No Sfi vcn tanlos roslros fifijurados En rolo es|i<'jo, o heclio por lai aili' (Jui; si uno en cl se mira, retratados Se v(! iiua niullilud en cada parle.

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