‹ ŒuvresChapitre 44 sur 128 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Ils se rendent à la fontaine : tout le monde y était rassemblé. Leur vénérable conducteur les guide vers un tombeau dont la pierre encore toute blanche portait cette épitaphe ;

ICI REPOSE Djy BON FILS.

Salvador en fait trois fois le tour; il prononce les prières accoutumées, brûle de Tencens , répand de l'eau lustrale : ensuite il prend par la main Galatée, et lui donne le papier où était écrite l'histoire de celui que l'on pleurait. Une rougeur modeste couvre le front de Galatée ; elle se tient debout près de la tombe, et tous les bergers l'écoutent en silence.

Des bergers de notre village Lisis fut le plus amoureux :

Louise reçut sou hommage.

Et partagea bientôt ses feux.

Il la demande à sa famille ; Mais le père dit à Lisis :

Soyez riche autant que ma fille ; Je ne la donne qu'à ce prix.

Hors son amour et sa chaumière, Le pauvre Lisis n'avait rien :

La cabane était pour sa mère, Et pour Louise l'autre bien.

Il part, il quitte sa patrie ;

132 GALATEE.

Il arrive au pays de l'or :

Là, par une honnête industrie,

Il amasse un petit trésor.

'' Lisis rcWent plein d'espérance ;

Louise est fidèle et l'attend :

Sa main sera la récompense Des travaux d'xiii si tendic amant.

Il va posséder son ami :

Mais la veille d'un jour si beau, Par une aflreusc maladie Sa nu're est au Lord'du tombeau. , , '

Lisis tremblant court à la ville j , . ;

Il ne songe plus aux amours : '' . ■

Du médecin le plus habile . .

Lisis implore les secours. '

'•■■ ' ' Ma mère va m'étre ravie, ' ' i . .

, . Dit-il embrassant ses genoux : '

Si Aotre art lui sam e la vie.

Ce que je possède est à vous.

Le médecin, par sa science.

Rend la mère aux voeux de son fds ; Le trésor est sa récompense :

Plus de Louise pour Lisis.

Un autre épouse la bergère :

l^isis le voit sans murmiu-er ; Et, l'air content près de sa mère, Il nmurut, et n'osa plcnrer.

Galatée vint reprendre sa place. Mes amis, s'écria Salvador, votre cœur vous parle bien mieux que je ne poiinais vous parler. Vous pleurez tous d'attendrissement au récit d'une l)onne action; jugez quel doit être le plaisir de la faire.

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