‹ ŒuvresChapitre 77 sur 128 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

tan , qui vous donnera Fhospitalité , et vous rendra tout le bien que vous avez voulu me faire.

En disant ces mots , l'enfant le prend par la main, le fait avancer quelques pas vers l'autre côlë de la colline, lui montre le vallon de Rémistan, et disparait comme un éclair.

Némorin jette les yeux sur ce vallon, et demeure enchanté de cette vue. Dans un espace d un mille carré, environné par des montagnes, il découvre une prairie coupée par plusieurs bouquets d'ormes et de sycomores. Une cascade bruyante s'y précipitait du haut d'un rocher, et devenait un ruisseau limpide. Sur ses bords, un petit verger planté des arbres les plus fertiles était fermé par une haie vive d'épine-vinette et de cognassiers. Plus loin, le ruisseau formait un étang au milieu duquel s'élevait une cabane ombragée de saules. De grosses pierres posées dans l'eau , à peu de distance les unes des autres , étaient le seul chemin pour y arriver. Un troupeau de moutons paissait au bord de l'étang , et un vieux berger, couché sur l'herbe , accompagnait avec sa flûte les linotes et les fauvettes.

Némorin descend dans le vallon, traverse la prairie, passe le ruisseau, et s'avance vers le vieux berger. 11 était déjà près de lui , lorsqu'il le voit quitter sa flûte et se préparer à chanter. Alors Némorin s'arrête pour écouter ces paroles :

Dons celte aimable solitude, Sous l'ombrage de ces ormeaux, Exempt de soins, d'inquiétude, IMes jours s'écoulent en repos.

Jouissant enfin de moi-même, ]\e formant plus de vains désirs, J'éprouve que le bien suprême C'est la paix, et non les plaisirs.'

Ici rien ne manque à ma vie :

Mes fruits sont doux, mon lait est pur ; Sous mes pieds la terre est fleurie , Le ciel sur ma tête est d'azur.

Si quelquefois un noir orage ]Me cause un moment de frayeur, Elle passe avec le nuage ; L'arc-en-ciel me rend mon bonheur.

Dans le monde, où tout l'inquiète.

L'homme est en proie à la douleur ; A peine est-il dans la retraite, Que le calme nait dans son cœur.

De même cette onde enjfurie Court dans ces'rocs en bouillonnant :

Dès qu'elle arrive à ma ])rairie.

Elle serpente doucement.

TNémorin, après avoir entendu le ehani du vieux henjer, s'approche de lui, le salue, cL lui demande riiospilalilé. Rémistan lui fait accueil, lui ofl're tout ce qu'il possède, et l'invilc à le suivre dans sa cabane pour lui présenter du laitct des fruits.

L'amant d'Estelle, couduii par sou hôte, passe

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