‹ ŒuvresChapitre 85 sur 128 · LIVRE m · texte numérisé non relu

LIVRE m

troubler. Le soir elles regagnèrent de bonne heure la maison , comptant que Raimond était de retour.

Il n'était point arrivé. Marguerite veilla toute la nuit en attendant son époux. Le soleil se leva sans que Raimond parût, il se coucha sans qu'on le revît. Marguerite versait déjà des larmes ; Méril parlait d'aller à sa rencontre; Estelle, inquiète pour l'auteur de ses jours, oubliait son funeste hymen pour souhaiter le retour de son père.

Après trois jours d'une inutile attente , Méril , impatient, veut aller àMaguelonne. Il s'arme d'un bâton ferré , se fait suivre d'un de ses valets, dit adieu à Marguerite, à sa fille, et promet de ne revenir qu'avec Raimond.

Il part. La triste Marguerite reste avec Estelle et l'aimable Rose. Tous les soirs , la mère et ses deux filles ( c'est ainsi qu'elle les appelait) vont attendre Raimond sur la route. Chaque jour elles avancent plus loin ; et , quand la nuit couvre la terre , elles reviennent fatiguées , mais ne se livrent au sommeil qu'après avoir adressé une fervente prière à Dieu pour qu'il veille sur les voyageurs.

Au moment de cette pieuse occupation , elles entendent aboyer les chiens ; Estelle se précipite à la porte : c'était le valet de Méril. Il était seul , et portait une lettre. Il la présente d'un air qui

p-lace d'effroi la mère et. la fille. Marsfuerite tremble en rompant le cachet ; Estelle et Rose récoutent; elle lit ce fatal billet :

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