‹ ŒuvresChapitre 86 sur 128 · MÉRIL A MARGUERITE · texte numérisé non relu

MÉRIL A MARGUERITE

(( Préparez toutes les forces de votre âme ; je « viens la frapper du plus rude coup.

(c La ffuerre s'est rallumée entre le roi d'Aragon u et notre bon roi. Des pirates catalans sont venus (( surprendre Maguelonne. Ils ont égorgé les ha- « bitans , pillé, embrasé les maisons ; et, remonte tant sur leurs vaisseaux à l'approche de nos (( communes , ils n'ont laissé que des cendres. (( Mon malheureux ami était dans la ville la nuit (( de cet affreux carnage. Le peu de citoyens échap- « pés aux ennemis est revenu depuis leur départ. « Pvaimond n'a point reparu. J'ai cherché , j'ai « demandé partout Raimond : je n'ai plus d'espoir (( de le retrouver. Tous les morts étaient inhumés « quand je suis arrivé à Maguelonne... Que ne le (( suis-je moi-même auprès du corps de mon ami!

(( Adieu , sap;e Marp-ueritc* ; son.^ïez qu'il vous « reste une lille pour laquelle il faut que vous « viviez. 11 ne me reste j'ien , à moi : aussi je vais « dans un désert; je vais attendre , loin de vous, » que la mort me rejoigne à Raimond. C'est le

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