Psalin., cxx
4 Œl VRES PASTORALES DU CARDINAL iMATIIlEÙ
pour assister mou insuffisance. C'est pourquoi des craintes trop lég-itimes viennent aug^menter encore ma peine de quitter tant de personnes et tant de choses qui me sont chères. Vous ne me reprocherez pas ces regrets, X. T. C. F., qui vous garantissent la sincérité et la vivacité d'affection d'un cœur où vous allez désormais tenir la première place. Le soldat que le devoir appelle loin de ceux qu'il aime, les regarde, en s'en allant, aussi longtemps qu il peut les saluer de la voix et du geste. Puis, quand il ne les voit plus, il reste encore tourné de leur côté, tant que ses yeux peuvent distinguer à l'horizon la fumée du toit natal et la croix de son clocher.
0 chère Eglise où j'ai été baptisé, et où un saint prêtre m'a béni pour la ])remière fois au nom du Seigneur, maison paternelle où j'ai reçu le bienfait d'une éducation si chrétienne, cimetière où dorment mes vieux parents, petit séminaire où j'ai fait ma première communion et où jai connu, avec les joies de l'étude et celles de lamitié, le bonheur de coopérer à l'éducation des élèves du sanctuaire ; ville de Nancy qui mas valu, avec les consolations d'un ministère très doux, tant d'amitiés honorables et sûres; sanctuaire des Bénédictines du Saint-Sacrement, d'où monte jour et nuit, pour moi et pour le diocèse d'Angers, une prière fraternelle qui a été la protection de toute ma vie ; et toi surtout, ô vieille église de Saint-Martin, que jai vue avec tant de bonheur remplie de fidèles attentifs à la parole de Dieu et attachés à leur pasteur, j'emporte voti-e image gravée au plus profond de mon àme ! Et vous, vaillant et éloquent Evèque. dont la bienveillance ne m'a jamais manqué et m'a con-