‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 28 sur 95 · PRISE DE POSSESSION O · texte numérisé non relu

PRISE DE POSSESSION O

féré, après l'honneur du canonicat, la direction d'une paroisse et d'un doyenné si excellents, puisse le Seigneur vous payer ma dette de g-ratitude en accordant à votre zèle toutes les récompenses qu'il mérite !

Prêtres du diocèse de Nancy, condisciples, anciens élèves, collaborateurs et auxiliaires de mon ministère, religieuses dont j'ai secondé les efforts et constaté les succès dans l'œuvre de l'éducation des jeunes filles, paroissiens si empressés à me témoigner rattachement traditionnel que vous portez à vos curés, chers pauvres de Saint-Martin, amis de toute condition qui m'avez prodigué, dans ces derniers temps, les félicitations affectueuses, recevez mes adieux émus et souvenez-vous de moi devant le Seigneur !

Dans les circonstances solennelles comme celle où je me trouve, N. T. C. F., l'âme franchit les limites de la tombe et s'en va d'une pente toute naturelle vers ceux qui ne sont plus. Voilà pourquoi ma pensée et mon cœur cherchent aujourd'hui les parents, les maîtres qui ont formé ma jeunesse, les amis que j'ai perdus prématurément, et dont l'appui me manque à l'heure où il me serait si nécessaire. Qu il me soit permis de déposer un hommage tout particulier de regret et de reconnaissance sur la tombe toute récente du cardinal Foulon, que pleurent en ce moment les trois diocèses qu'il a gouvernés avec tant de sagesse et de douceur. 0 vénéré et regretté Prélat ! Je n'ai connu que trop tard toute l'étendue de votre affection pour moi, et j'en ai reçu les marques les plus touchantes quand votre main était déjà glacée par la mort ! Soutenez du haut du ciel le

prêtre que vous avez, à son insu, désig-né pour les honneurs de l'épiscopat, qui suivra vos recommandations suprêmes et s'ellbrcera de marcher sur vos traces !

J'ai besoin de compter sur la prière des morts comme sur celle des vivants, pour m'incliner sans désespoir sous le fardeau que la Providence m'impose et que ma faiblesse a tant lieu de redouter.

C'est vous, N. T. G. F., (jui, après Dieu, êtes toute la raison de notre confiance, l^n elïet, votre foi, célèbre comme celle des Romains du temps de saint Paul, s'est épanouie en (euvres ma<;nifiques qui ont porté votre gloire jusqu'aux extrémités du monde. Dans l'ordre de la grâce comme dans celui de la nature, l'Anjou est une de ces terres privilégiées que tous les dons du ciel embellissent à l'envi, où l'abondance des fruits succède chaque année à la beauté des fleurs, et oh. l'activité de l'homme seconde merveilleusement les avances de Dieu. Avec quelle émotion n'ai-je pas parcouru vos annales et respii'é le parfum des vieilles légendes de vos saints ! Saint Maurille, saint René, saint Aubin, saint Lezin, c'est vous qui avez formé l'âme de l'Anjou, ([ui l'avez marquée de votre empreinte, qui l'avez faite pour toujours croyante et éclairée, forte et douce, charitable et généreuse avec délicatesse, fidèle à sa foi et à ses alTections jusqu'au martyre !

Vos dix-huit grandes abbayes, N. T. C. F., vos collégiales, les innombrables fondations pieuses de vos pères, la part qu'ils ont prise aux croisades et à toutes les

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