DISCOURS DE M. BARRES III
lités solides de celte population de l'Est, son bon sens, la simplicité de ses mœurs, sa cordialité, sa fidélité dans ses attachements »,
Cette Lorraine, Messieurs, le Cardinal Fincarnait en sa personne. Il nous sera bien permis de dire ici, à rissiie de cette grandiose cérémonie, que nous aimions en lui, sous la pourpre des princes de l'Eglise, la robuste et saine nature d'un paysan lorrain.
« A Lunéville. raconte le Cardinal Mathieu, un soir qu'il fallait ramener au château d'Einville une des filles de Léopold et que le carrosse ne se trouvait pas là, la petite princesse montait sans façon sur la charrette d'une paysanne qu'elle ravissait par son babil. » Je crois bien que l'humble enfant d'Einville, devenu prince à son tour, n'aurait pas hésité à suivre l'exemple charmant de la petite duchesse. N'est-ce pas ainsi que, dans les splendeurs de la Ville Eternelle, il est resté fidèle à la simplicité de son pays ? D'autres, parmi nos grands Lorrains du passé, demandèrent à Rome un modèle de magnificence, ils se haussèrent du mieux qu'ils purent à la taille du peuple-roi. On ne reconnaît que difficilement les vapeurs de notre Moselle dans la brume d'or que notre Claude Gellée déploie sur ses paysages classiques. Le Cardinal Mathieu, au contraire, sans effort, sans oubli de sa dignité et du rôle auguste qu'il avait à remplir, resta, dans les rues de Rome