Mi^r Michol-Fr.'incois Cnuel du Viviors de 1-orrv
10 ŒUVRKS l'ASTOUALliS DU CARDINAL MATIIIKL'
et du sacrifice : reiiseigiieinent chrétien donné k tous les degrés dans des établissements florissants, des associations charitables de toutes sortes , tant d'écoles libres uniquement soutenues par l'impôt volontaire des catholiques, tant de familles anciennes et considérées qui demeurent (idèles aux meilleures traditions du passé : quel tableau rassurant et consolant pour un évèque ! quelle sollicitation pour son zèle ! et quelles promesses pour l'avenir ! Nous sommes certain, en effet, N. T. G. F., que votre générosité ne nous manquera point pour soutenir les œuvres qu'elle a créées, et particulièrement ces Facultés catholiques qui sont la gloire de toute votre région, et qui représentent si brillamment Taccord de la foi avec la haute culture intellectuelle et les progrès de la science !
De notre coté. N. T. G. F., nous vous apportons une bonne volonté sans réserve et un dévouement prêt à tous les sacrifices. Gonserver et accroître ce précieux héritage, vous prêcher la doctrine chrétienne ; en nous montrant ferme sur les principes et conciliant avec les personnes, chercher dans les âmes, même les plus indifférentes et les plus hostiles à Dieu en apparence, le point par où elles lui restent accessibles; aimer tous nos diocésains sans exception, en imitant les préférences de Jésus- Ghrist pour les pauvres et pour les déshérités de la vie ; éviter les querelles de partis et les vaines récriminations, respecter les institutions établies suivant la tradition constante de l'Eglise, et observer la ligne de conduite que la sagesse, lexpérience des luttes stériles du passé et les conseils du Souverain Pontife recommandent aux
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catholiques : voilà le devoir tel que nous le comprenons, et tel que nous nous efforcerons de l'accomplir avec votre concours à tous.
Que ne peut-on pas attendre d'un diocèse comme le vôtre ? La situation générale de TEglise autorise-t-elle les mêmes espérances que sa situation particulière dans IWnjou? Beaucoup en doutent, et on ne rencontre que chrétiens éplorés qui, branlant la tète et perdant le cœur, s'épanchent en prophéties sinistres, comme si les portes de l'enfer allaient prévaloir contre l'Epouse du Christ, et comme si la Fille ainée de ll^glise allait périr tout prochainement dans la même catastrophe que sa mère. Nous ne partag-eons point ces craintes, N. T. C. F., nous espérons beaucoup dans un avenir prochain, et nous voudrions dissiper ce pessimisme qui est une disposition très fâcheuse chez les chrétiens, dont la «guerre contre le mal est la constante vocation. Gomment se battre avec courage, quand on se bat sans aucun espoir?
La vérité, N. T. G. F., c'est que l'Eglise catholique, seule éternelle parmi les ])ouleversements politiques, seule iminuable au milieu du conflit des idées, reste debout sur les ruines intellectuelles et morales accumulées par notre siècle, comme l'unique force organisée capable d'unir les esprits, d'apaiser les cœurs et de grouper les volontés. Tous ont besoin d elle : elle a montré ([uelle peut se passer de tous, et que ses autels se soutiennent par la seule vertu du Dieu qui s'y vient immoler. \'oyez comment, malgré la rigueur d'un dogme qui ne change point, elle s'adapte, en fait, aux transformations successives de l'humanité. Survient-il des dilFicul-
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tés nouvelles qui réclament ses enseignements ? Elle en trouve la solution dans le vieux livre qui est son code de morale, l'Evangile. (( Cherchez le règne de Dieu et sa justice ' » ; si nous observions ces paroles évangéli{[ues. dont l'Encyclique de Sa Sainteté Léon XllI sur la condition des ouvriers est l'illustre commentaire, si les dépositaires de la richesse avaient une intelligence large et loyale de la justice, si la charité pénétrait plus efficacement dans les mœurs et dans les lois, la question sociale serait bientôt résolue.
De même, lorsque surgissent certaines nouveautés politiques, qui déconcertent d'abord les habitudes des croyants, notre vieille Eglise, capable d'un perpétuel rajeunissement, sait s'y accommoder, pourvu qu'elles ne soient point, en principe, hostiles à son existence et à ses droits. Portez vos regards au delà de l'Océan. Admirez la vigueur du catholicisme aux Etats-Unis, l'allègre humeur de son clerg-é, les libertés qu'il mérite et qu'il obtient dans cette démocratie, où les masses font la loi, et voyez s'il n'y aurait pas là, pour nous, quelque exemple à imiter. Au début du siècle, il y avait quarante mille catholiques dans ce pays : ils sont aujourd'hui dix millions ; et lorsqu'il y a quelques mois, cette nation, en majorité protestante, célébrait le centenaire de Colomb et la prochaine exposition de Chicag'o, elle associait notre clergé à ses fêtes, et c'est au cardinal Gibbons que les pouvoirs publics conféraient le soin de remercier et de bénir la foule. Des symptômes de rapprochement vers le catholicisme se manifestent dans les pays qui