‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 32 sur 95 · PKI SE DE POSSESSION IS · texte numérisé non relu

PKI SE DE POSSESSION IS

sonnèrent à l'élévation une fanfare joyeuse, semblaient chanter les espérances de l'Eglise et laurore du jour, peut-èlre prochain, où les peuples trompés par les sectaires et les gardiens de la civilisation menacée de périr lui décerneront de nouveau la suprématie du monde.

0 Pontife aux intuitions de génie, captif sublime, père tendre, ami dévoué de la France, que Dieu vous donne de vivre assez pour voir votre couronne dépines se changer en couronne de gloire et vos grands desseins triompher ! Vous avez daigné nous accueillir avec une bonté dont le souvenir sera notre consolation et notre force. Nous avons pleuré à vos pieds en vous contiant les angoisses de notre faiblesse. A ous nous avez encouragé, en nous promettant le succès et en nous disant : « Allez avec confiance vers ce bon peuple d'Angers 1 » Que cette parole porte bonheur au pasteur et au troupeau ! Que le Seigneur agrée Iholocausle absolu que nous lui faisons de notre personne et de notre vie ! Que, grâce à l'intercession de la Sainte Merge, de saint Joseph et des Patrons de l'Anjou, notre ministère, inauguré par une bénédiction toute spéciale du Saint- Père, porte quelques fruits pour la gloire de Dieu et le salut des âmes !

-l .]/. inhln' Alexis Crosnicr. professeur à l' Université catholique.

Angers, le 30 septembre I8H3.

Mon cher abbé,

Vous m'avez demandé un mot d encouragement pour la Revue des Facultés catholiques de l'Ouest., qui commence sa troisième année. J'ai eu beau alléguer mon incompétence, mes occupations et toutes sortes d'autres raisons excellentes : vous avez insisté avec une bonne grâce si persuasive que je cède à votre désir.

En fondant ce recueil, vous tentiez une entreprise hardie et qui pouvait passer pour téméraire. Une Revue de plus dans un pays où les Revues foisonnent ! Une Revue de province, comme s'il était permis d'avoir de l'esprit hors de Paris et de sa banlieue 1 Une Revue de ces Facultés catholiques de l'Ouest, qu'on a souvent représentées comme des créations chétives, dues au caprice d'un évêque autoritaire et à linfatuation d'un chef-lieu de département ambitieux ! Votre succès a donné tort aux pronostics lugubres. Après avoir parcouru la collection et lu le plus grand nombre des articles, je vous déclare, sincèrement et sans flatterie, que la Revue des Facultés catholiques de VOuest égale les plus vantées, par la solidité, la variété et l'agrément de sa rédaction. La littérature y domine ; mais la science y est représentée par des travaux qui m'ont paru excellents, quoique

A M. l'aiîbé crosmer 17

écrits en français intellig-ible. A coté des doctes dissertations de MM. Hy , Couette, Maisonneuve, Henry et Bauijfas , des poésies d'une inspiration pure et élevée brillent comme des fleurs écloses entre les pierres d'un cloître bénédictin. Vous avez défendu les classiques avec une ardeur qui vous a attiré du papier timbré. Il ne faut pas avoir trop raison. Je pense comme vous que les difficultés de la question sociale ne tiennent point à Homère ni à 'Virg'ile, et qu'ils ne sont pour rien dans la grève des mineurs du Nord. Cependant il aurait peut-être mieux valu épargner douze francs cinquante et un gros chagrin à un excellent homme qui charge sur les anciens avec une conviction sincère et prêche nos conteinporains avec un zèle digne de respect. Ce qui ma particulièrement intéressé, ce sont vos études historiques et vos récits de voyage. M. Dedouvres raconte la jeunesse et les études d'un religieux plus célèbre que connu, le P. Joseph, sur lequel beaucoup de gens instruits ont dit tout ce qu'ils savent en l'appelant VÊminence grise. Puisse M. Dedouvres passer bientôt à l'âge mûr et publier le grand ouvrage qu'il prépare sur ce sujet ! Vous-même, cher abbé, vous avez analysé de la manière la plus judicieuse et la plus agréable les mémoires encore inédits du général d'Andigné , immortalisé en Anjou par un monument de Bonassieux que j ai eu le plaisir d'admirer il n'y a pas longtemps. D'autres personnagres des g-uerres de Vendée ont donné lieu à des travaux sérieux. Notre éminent doyen des lettres, M. Pasquier, a esquissé la vie d'une sainte de nos jours, la Mère luq)hrasie Pelletier, fondatrice du Bon-Pasteur.

C"' Mathieu. -

dont il nous doit la biographie complète. Avec lui encore nous visitons le vieil Oxford, cette relique du moven âge malheureusement profanée par la Réforme. M. Martin nous mène en pèlerinage à Notre-Dame d'Héas , et M. Bazin nous guide de Venise à Schio. — A propos de AI. Bazin, ne pourriez-vous pas, puisque nous sommes en temps de chasse, lui demander de tuer une seconde Sarcelle bleue, pour en régaler vos lecteurs?

C'est à vous, cher abbé, que revient principalement la gloire du succès de votre œuvre. C'est vous qui en êtes le Brunetièrc et le Lavedan ; et je suis bien heureux de ratifier les éloges que vous donnait mon illustre prédécesseur, en vous proclamant « 1 un des écrivains qui marqueront avec le plus d'éclat dans la littérature chrétienne de notre temps ». Que Dieu bénisse vos efforts et ceux de vos dévoués collaborateurs I Qu'il rende de plus en plus prospère cette chère Université catholique, qui n'a que le défaut d'être modeste comme l'est toujours le vrai mérite, et pauvre comme l'est souvent le génie lui-même 1 Elle a justifié son existence par la foule d'hommes distingués quelle a formés. Grâce aux catholiques de l'Ouest, à la protection de leurs évêques, aux bénédictions et à l'appui du Souverain Pontife, elle grandira encore, espérons-le, et démentira les prophètes de malheur qui annonçaient sa ruine et pleuraient déjà sur elle avec charité, une charité dans laquelle il entrait peut-être un peu trop d'espérance.

Agréez, mon cher abbé, avec mes félicitations pour le passé et mes vœux pour l'avenir, l'assurance de mon affectueux dévouement.

Lettre pastorale sur V esprit chrétien et Mandement de Carême pour Van de grâce iS9i.

Nos Très Chers Frères,

Il y un an, le Souverain Pontife, nous préconisant dans le Consistoire du dix-neuf janvier, daignait nous confier le gouvernement de l'Eglise d'Angers- Deux mois après, nous venions, tout tremblant sous le poids de notre responsabilité, recevoir le sacre dans notre ville épiscopale, et vous faisiez de cette cérémonie une si belle manifestation de foi qu'elle a laissé un inoubliable souvenir à tous ceux qui l'ont vue. Voilà donc plus de dix mois que nous sommes au milieu de vous : c'est trop peu encore pour connaître le diocèse à fond ; c'est assez pour l'admirer, pour nous y attacher de plus en plus et pour apprécier à toute leur valeur le zèle intelligent du clergé et la bonne volonté des fidèles. Oui, Eglise d'Angers, tu mérites les éloges que le Seigneur chargeait son apôtre bien-aimé de transmettre aux premiers fidèles qu'il avait convertis et au milieu desquels il habitait :

(( Ecris à l'ange de l'Eglise d'Ephèse : « Voici ce que « dit Celui qui tient sept étoiles dans sa main droite et <( qui marche au milieu de sept candélabres dor. .le " connais les œuvres, tes travaux et ta patience et que

20 Œl.VRES PASTORALES DU CARDINAL MATHIEU

« tu lie peux supporter les méchants. Tu as éprouvé « ceux qui se prétendent apôtres et qui ne le sont i)as, « et tu as découvert leurs mensonges. Tu as la patience (' et tu as résisté sans faiblir, à cause de mon nom K » Toute votre histoire religieuse, N. T. C. F., est écrite dans ces grandes paroles, qui résument à la fois les gloires de vos pères et vos propres mérites. Comme eux, vous avez gardé toute la pureté de votre foi contre cet apostolat du mensonge qui change de forme suivant les temps, mais qui n'est jamais exercé avec plus d'audace et de perfidie que de nos jours. Comme eux, vous estimez que votre premier 'devoir est d'assurer l'éducation religieuse de vos enfants. Comme eux, vous entoure/, d'honneur et de resjDect les pasteurs que Dieu a préposés à votre conduite, et vous ne craignez pas de vous montrer chrétiens au grand jour. Comment vous peindre la surprise joyeuse et l'émotion que nous avons éprouvées dans le cours de nos visites pastorales, en A'oyant les populations accourir au-devant de nous avec tant d'empressement, ]3i'esque toujours sous la conduite des autorités locales, nous présenter les enfants à bénir, décorer les rues et les maisons sur notre passage et faire de notre arrivée dans chaque paroisse une fête à laquelle personne ne voulait rester étranger? Ce qui rendait ces manifestations plus significatives, c'est qu'elles ne s'adressaient point à notre personne inconnue de tous, mais uniquement à la fonction auguste dont nous sommes revêtu malgré notre indignité. Ce n'est point l'homme, c'est l'envoyé du Seigneur que vous honoriez, chers habi-

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