‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 39 sur 95 · Bossuet, Panégyrique de saint Benoît · texte numérisé non relu

Bossuet, Panégyrique de saint Benoît

SLR L ESPRIT CHRETIEN

et allons courag-eiisement à la mort, puisque c'est la seule porte qui ouvre le ciel. Egredere ! Egrederc !

L'histoire du christianisme nest que le commentaire de cette parole, où le g-énie de Bossuet apercevait tout l'esprit de notre sainte religion ; c'est l'histoire de la liberté humaine répondant aux sollicitations de la grâce pour inaug-urer ici-bas le royaume de Dieu ; c'est l'histoire de l'idéal poursuivi depuis bientôt dix-neuf siècles par 1 élite de l'humanité, des efforts cju'elle a tentés pour s'élever au-dessus de sa misère, de ses vertus les plus méritoires, de ses aspirations les plus hautes et de l'espèce de nostalgie divine qui tourmente les hommes depuis qu'ils ont vu le premier-né du Père descendre au milieu d'eux, « plein de g'ràce et de vérité' », mettre l'infini à leur portée, leur parler familièrement, mourir pour leur salut et remonter ensuite au ciel, après avoir dit à ses disciples : « Je vais vous préparer une place » ; vado parare vohis locum -. Ecoutez le premier qui a versé son sang pour lui : « Comme Etienne était rempli « de l'Esprit-Saint, regardant vers le ciel, il vit la gloire (( de Dieu et Jésus se tenant à sa droite, et il dit : Voilà (c que je vois les cieux ouverts et le Eils de 1 homme se « tenant à la droite de Dieu. » Pendant que les Juifs le lapident, il ne cesse de prier et de répéter l'invocation : « Seigneur Jésus, recevez mon esprit ' ». Cette vision et ces paroles d'Etienne, N. T. C. F., vous livrent le secret du zèle des apôtres, du courage des martyrs, de l'im-

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