‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 40 sur 95 · Actes des a[)ôlies, vu, TUJ, !j · texte numérisé non relu

Actes des a[)ôlies, vu, TUJ, !j

molatioii des vieri^es, de l'austérité des solitaires, des joies du cloître, de la résignation des pauvres et des souffrants, de tout ce qu'il y a jamais eu dans le monde de vies saintes et de morts bénies, de sacrifices éclatants ou obscurs accomplis pour Dieu. Pourquoi saint Ignace d'Antioche, saint Laurent, sainte Cécile, sainte Agnès et des milliers d autres couraient-ils au supplice comme à une fête? Pourquoi saint Antoine, saint Benoît, saint Bruno et tous les grands contemplatifs ont-ils quitté le monde, en pleine jeunesse, pour s'enfuir au désert? C'est que la vision du ciel avait passé devant leurs 3'eux ravis. C est cette vision enchantée qui soutenait Augustin voyant s'écrouler, avec l'empire romain, tout ce qui lui semblait représenter l'ordre et la civilisation. C'est elle qui attendrit les Barbares et qui, planant au-dessus des misères du moyen âge. donnait aux opprimés la force de supporter la vie. Que de leçons ne pourrions-nous pas recevoir de ces siècles méprisés parla science incomplète et l'orgueil de tant de nos contemporains ! Entrez dans une de ces vieilles cathédrales dont les flèches, s'élançant comme une prière ardente, semblent j)orter jusqu'au ciel l'espérance, les joies inquiètes et les désirs infinis des générations qui nous ont légué ces magnifiques témoignages de leur foi :

(( Une douleur mystérieuse vous saisit au seuil de « cette sombre enceinte, où la crainte. 1 espérance, la « vie, la mort exhalées de toutes parts, forment une « sorte d'atmosphère silencieuse qui calme, assoupit les « sens, et à travers laquelle se révèle le monde invisible. (( Une secrète puissance vous attire vers le point où

SUR l'esprit chrétien 31

(' converg-ent les longues nefs, là où réside voilé le Dieu « rédempteur de l'homme et réparateur de la création, « et d'où émane la vertu plastique qui imprime au « temple sa forme. Dans ses axes croisés, il offre l'image « de l'instrument du salut universel : au-dessus, celle (( de l'arche, unique asile, aux jours de déluge, des espèce rances du g-enre humain, et emblème toujours vrai du (' pénible voyag-e de l'homme sur les flots de la vie. Les « courbures ogivales des arceaux, les flèches qui de parce tout s'élancent dans l'espace sans bornes, le mouve- « ment d'ascension de chaque partie du temple et du « temple entier expriment aux yeux l'aspiration éter- « nelle de la créature vers Dieu, son principe et son « terme '. » Ceux qui ont bâti la cathédrale d'Angers, N. T.C. F., valaient-ils moins que leurs descendants ? Etaient- ils réellement })lus malheureux? Le Dieu qu'ils y adoraient n'est-il pas le même qui nous appelle encore et qui nous répète les promesses fortifiantes du sermon sur la Montagne? N "avons-nous pas les mêmes devoirs à remplir, les mêmes peines à supporter, le même compte à rendre que les générations qui ont prié sous ses voûtes et que les évêques qui dorment dans ses cadeaux? Est-ce que l'esprit chrétien qui soutenait les pères serait devenu inefficace et impuissant à sauver les fils? On l'affirme; et, il y :i (juelques semaines, un rhéteur socialiste déclarait à l;i (hambre des députés que la vieille chanson « c[ui a i)ercé la misèi-e humaine pendant des siècles h avait fait son tenq:s. Puis il en appelait à la science et

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