DES PROCESSIONS DE LA FÊTE-DIEU
un cierge de neuf pieds de long ; la procession marchant en bel ordre dans les rues entièrement couvertes de toiles blanches, et somptueusement décorées !
Tout Angers était là pour escorter la marche triomphale de Jésus-Christ ! Chaque année on s'ingéniait à trouver de nouvelles inventions pour embellir cette fête merveilleuse qui porta jusqu aux extrémités de l'Europe le renom de piété, de munificence chrétienne et de bon goût de vos pères.
Dételles traditions obligent, N. T. C. F., vous l'ave/ bien compris, et vous les continuez chaque année, avec les changements que le temps, l'état social, l'aflaiblissement des tempéraments et les conditions de la vie moderne ont rendu inévitables. Plus heureux que tant d'autres villes, où des municipalités asservies au fanatisme le plus étroit et le plus arriéré croient faire acte de vaillance en barrant les rues à Dieu, notre cité a gardé la liberté des processions, et elle en use avec reconnaissance pour les autorités qui la lui garantissent. Un Angevin du siècle dernier ne se trouverait point trop dépaysé le jour du Sacre. Sans doute, les torches monumentales ont disparu, les vêtements sacerdotaux se sont appauvris, et il y a des absents au cortège, où personne n'est plus obligé de figurer sous peine d'amende; mais la cérémonie n'a-t-elle pas gagné en spontanéité méritoire ce qu'elle a perdu de son caractère officiel ? Quelle grandeur imposante ne doit-elle pas encore à votre foule, à votre recueillement, au défilé de nos confréries et de
nos associations catholiques, de nos écoles, de notre Grand Séminaire, de nos ordres religieux, de notre vénérable Chapitre et à la réunion de toutes nos paroisses confondues dans un même hommag'e rendu au plus auguste de nos mystères ! Avec quelle émotion, l'année dernière, n'avons-nous pas présidé pour la première fois à cette magnilique démonstration, et respiré hi joie sainte que répandaient dans Tair les chants des lévites, le son des cloches, les vêtements blancs des jeunes tilles, les insignes des professeurs de nos Facultés catholiques, les bannières et les oriflammes flottant au vent sous les rayons d'un soleil printanier, le parfum des fleurs qui jonchaient le sol, les tentures et les guirlandes de vos maisons, et, par-dessus tout, la présence du Dieu qui, porté par nos mains indignes, s'avançait sous le rayonnement de l'ostensoir, en parlant tout l)as au cœur de son tidèle peuple d'Anjou I
N. T. C. F., nous voudrions ajouter encore, si c'est possible, à l'éclat de cette fête et vous déterminer à faire encore mieux que par le passé. Ne vous semble-t-il pas urgent d'affirmer notre foi plus que jamais et d'apaiser le ciel offensé, en opposant des manifestations pieuses et des prières ferventes à l'irréligion qui s'étale avec tant d'insolence.
Béreng-er est dépassé de beaucoup par l'audace des négations contemporaines qui, s'attaquant à Dieu luimême, suppriment la divinité du Fils avec l'existence du Père. Les mœurs publiques s'altèrent, la notion du devoir s'obscurcit, les scandales se multiplient, la population diminue, et la capitale, qui prétend à la maîtrise