‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 51 sur 95 · Divinœ consorles naturae · texte numérisé non relu

Divinœ consorles naturae

64 ŒUVIŒS fASTORALKS l)L" CARDINAL :MAT1III;[-

qui nous introduit dans son intimité en faisant de nous ses enfants adoptifs et les frères de Jésus-Christ son Fils unique, et qui, par la grâce qu'elle nous confère, nous assure dès ce monde le gage et les prémices de la vie souverainement heureuse que nous mènerons pendant les siècles des siècles, dans la contemplation de Dieu que nous verrons face à face. Tel est 1 ineffable amour dont nous avons été lobjet. Voilà, en peu de mots, toute l'économie de notre salut, telle qu'elle a été réalisée par l'incarnation et le sacrifice du Verbe éternel. Voilà la destinée dont nous ne pouvons ni méconnaître la gloire, ni récuser le fardeau. Or, pour l'atteindre, une condition absolue nous est prescrite. Il faut reconnaître que cette vocation est un don gratuit de l'Auteur de tout bien, que nos obligations dépassent infiniment nos forces et que Celui qui nous appelle si haut peut seul nous donner des ailes pour monter. 11 nous faut, suivant le mot de saint Augustin, devenir les mendiants de Dieu et crier vers lui du fond de 1 abîme pour en sortir '. Quoi de plus juste, puisque nous ne pouvions ni en remonter les pentes, ni même prévoir la merveille de miséricorde qui s offrirait à nous en tirer? Une fois hors de l'abîme, il faut solliciter sans cesse le secours divin pour n'y pas retomber et nous tenir comme suspendus à Dieu par une prière permanente qui nous garde. Quoi de plus légitime, puisque l'abîme exerce toujours sur nous une sorte de fascination qui nous rappellerait en bas et qui nous perdrait infailliblement si nous restions abandon-

Page 1