‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 52 sur 95 · De profundis clainavl ad le. Domine · texte numérisé non relu

De profundis clainavl ad le. Domine

SUU LA l'IUERE 65

nés à notre faiblesse? Il faut que noire prière soit liumljle, lervente, persévérante. Ne sont-ce pas là les sentiments qui jaillissent spontanément dun cœur oppressé par le sentiment de sa misère, par les luttes qui le déchirent, par le poids de ses hautes destinées, par l'incertitude de l'heure qui décide de l'éternité et qui peut sonner à chaque instant pour Ihomme le plus sûr de sa vie? Il faut que notre prière soit confiante et faite au nom de Jésus-Christ. N'est-ce pas lui qui nous a sauvés? N'estce pas son sang, ne sont-ce pas ses mérites qui forment l'inépuisable trésor de grâce que la prière épanche incessamment sur le monde? Ne sont-ce pas ses plaies qui intercèdent encore pour nous? N"est-il pas le Chef qui prie avec tout le corps et dont le Père entend la voix dans celle de ses membres souffrants et plaintifs? Gomment désespérer quand notre cause est plaidée par un tel avocat ? Comment la charité du Sauveur qui accrédite notre prière ne l'animerait-elle pas d'une confiance absolue, invincible, sans trouble, sans hésitation et sans impatience? « Demandez et vous recevrez. « Frappez et l'on vous ouvrira... Tout ce que vous « demanderez à mon Père en n)on nom, il vous laccor- « dera. » Adressons à Celui qui a fait ces promesses la sommation respectueuse, affectueuse et pressante de les réaliser et nous sommes tous sauvés!...

Que Dieu a été bon, N. T. C. F., de faire ainsi de l'aveu même de nos misères un titre pour en être délivrés et de rendre le salut accessible et certain pour tous

C"' Mathii;l- 5

ceux qui voudront saisir l'arme qu'il a remise entre nos mains ! Comme il a su merveilleusement concilier la urâce avec la nature, en assurant cette efficacité souveraine au grand cri de détresse et d'espérance qui monte incessamment vers Lui, de tous les points de la terre, et qui n'a cessé de retentir dans le monde depuis que la douleur et la mort y sont entrées à la suite du péché ! Le précepte de la prière est si bien d'accord avec l'instinct le plus profond du cœur de Ihomme qu'il a été pratiqué de tout temps et sous les civilisations les plus différentes. Je ne vous démontrerai point ce fait si connu, me bornant à vous rappeler, dans quelques vers du vieil Homère, le sentiment de toute l'antiquité :

(( Les dieux mêmes se laissent fléchir. . . Tous les jours, « les hommes, après les avoir offensés, parviennent à les <( apaiser par des vœux, par des présents, par des sacri- « fices, des libations et des prières. Les Prières sont (( filles du grand Jupiter : boiteuses, le front ridé, levant « à peine un humble regard, elles se hâtent avec inquié- « tude sur les pas de l'Injure. Car l'Injure altière est <( vigoureuse ; d'un pied léger, elle les devance toujours ; « elle parcourt toute la terre ; mais les humbles Prières « la suivent pour guérir les maux qu'elle a faits. Ces « filles de Jupiter s'approchent de celui qui les respecte « et les écoute : elles lui prêtent leur secours, elles (( lécoutent à leur tour et comblent ses vœux ^ »

L'histoire ne connaît point de nation athée, et jamais le monde n'a rien vu de pareil au peuple de sauvages

Page 1