I. S. Miillii(Mi, V, r). — s. Jean, xvr
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a coûtés, prépare de son coté des réjouissances, et déjà les métaphores ambitieuses de ses rhéteurs officiels encombrent la presse. S'agit-il de rappeler quelques victoires éclatantes et chèrement disputées ? Nullement, N. T. C. F., et la gloire, pas plus que Thonneur, n"a rien à voir dans le coup de main qui va être exalté. Un saint vieillard, outragé dans sa double dignité par la plus injuste des invasions et réduit à interdire le martyre à la poignée de vaillants défenseurs qui le revendiquaient; de solennelles promesses violées, la force opprimant le droit et achevant 1 oeuvre de la ruse, la capitale du monde chrétien enlevée presque tout entière à son Souverain légitime avec le lambeau de pouvoir temporel qui lui restait, et le Père des fidèles inaugurant une captivité morale qui dure encore : voilà le spectacle que Rome a offert il y a vingt-cinq ans, voilà les exploits qu'on va célébrer par toutes les démonstrations que pourront imaginer les haines sectaires unies à un patriotisme égaré. C'est pour cela qu'une armée et d'innombrables députations vont défiler dans les rues de cette cité qui a tant perdu en croyant s'agrandir, et que des princes occupant le palais bâti par les Papes se montreront, pour être applaudis, à ce balcon du Quirinal qui est encore soutenu par les statues de saint Pierre et de saint Paul, mais d'où la bénédiction ne descend plus sur la Ville et sur le monde ! Nous ne nous y trompons pas, N. T. C. F. ! Nous ne dirions rien s'il ne s'agissait que de politique et d'anniversaires militaires. Ce qui se prépare, c'est une grande manifestation d'impiété dirigée contre le Souverain Pontife, à quelques pas de lui, peut-être même sous
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ses fenêtres, de manière qu il soit forcé d'en savourer toute riiunùliation ; et, derrière le Souverain Pontife, beaucoup de manifestants prétendront bien atteindre Celui dont il tient la place sur la terre. Celui que Jidien l'Apostat poursuivait sous le nom de Galiléen et dont une fois de plus on chantera la défaite, sous prétexte de vanter les triomphes de l'esprit moderne. Nous connaissons ces triomphes, nous savons ce qu'ils durent et ce qu ils valent. « Heureux ceux qui pleurent, parce qu ils seront consolés. » Affligeons-nous, en effet, chrétiens! Enfants désarmés et impuissants, transportons-nous par le cœur auprès de notre Père outragé, pleurons à ses pieds et consolons-le par ces larmes mêmes, par les preuves de notre fidélité et par les espérances de notre foi dans le Christ vainqueur. Mais afflig-eons-nous en chrétiens! Plaignons tous ces insensés, les chefs qui veulent le mal et la foule aveugle qui les suit, et disons pour eux la prière que Jésus-Christ a enseignée à tous les crucifiés et que la grande victime qu'ils vont insvilter, le Vicaire de Jésus- Christ, ne cesse de répéter sur le Calvaire qu'ils lui ont érigé : a Mon Père, pardonnezleur, parce qu'ils ne savent ce qu'ils font ! »
Ce jeune royaume qu'ils exaltent, cette civilisation dont ils se prétendent les maîtres, cette soi-disant prospérité matérielle, ces grandes destinées qu'ils se promettent, cette capitable intang^ible, ces cris, ces fêtes, cette ivresse, tout cela : vanité et mensong-e, à cause du poison d'impiété qui s'y mêle ! C'est notre grand Pontife qui aime véritablement la patrie italiennt'. à laquelle il appartient par sa naissance. Il l'aime comme père, il
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l'a aimée comme fils dès les premières aspirations de sa jeunesse; et lui aussi pleure sur son ingrate patrie, en répétant la parole du Sauveur : (( Jérusalem, Jérusalem! combien de fois n"ai-je pas voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses petits sous ses ailes, et tu n'as pas voulu ! » Tu ne l'as pas voulu, et une obscurité redoutable pèse sur ton avenir 1 Ton peuple a faim, ton trésor est épuisé, tes nouveaux palais sont déserts avant d avoir été habités, et tes institutions semblent atteintes d une sorte de caducité précoce avant d'avoir subi l'épreuve du temps. Italie, qui as rompu avec les sentiments et les idées de tes meilleurs citoyens, Manzoni, Balbo, Canlu, tremble d'avoir mis contre toi im dessein éternel du Dieu qui veut l'indépendance de son Eglise ! Prends garde de te sentir comme en péché mortel tout le temps que tu insulteras le Chef de cette Eglise et que tu n écouteras pas le cri ([ui monte vers toi de tous les points de la chrétienté et du cœur même de ton vrai peuple : réconciliation avec le Saint-Siège!
Quant à nous. N. T. C. F., si, comme Français, nous voulons bien être magnanimes et pardonner à ce peuple de s être affranchi de la reconnaissance plus encore que de la domination étrangère, nous ne pouvons oublier nos devoirs de catholiques ; et, quand nous voyons notre Chef condamné à ces humiliations et réduit à une captivité qui ne lui permet pas d'échapper au spectacle de ces pompes impies, c'est pour nous une obligation étroite de prier Dieu pour qu'il mette fin à de telles épreuves, et de déposer aux pieds de notre Père affligé notre protestation solennelle.