‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 58 sur 95 · DU 20 SEPTEMBRE · texte numérisé non relu

DU 20 SEPTEMBRE

S'il est des hommes qui vous outragent, ô grand et saint Pontife, d'autres, et « de toutes les nations qui sont sous le ciel », vous rendent hommage, écoutent votre voix, sont de votre troupeau et, en présence des tristesses qili vous accablent en ce moment, se sentent pénétrés d'une filiale douleur. Consolez-vous par la pensée de cette immense armée de fidèles, qui, absents de corps, mais présents de cœur dans cette journée du 20 septembre, monteront autour du Vatican leur garde d honneur et d'amour! A l'ouest de la France, il y a une province oii votre nom est particulièrement vénéré, où votre immortel prédécesseur a recruté jadis une élite de héros pour le défendre et où tout ce qui vous réjouit, vous afflige ou vous console, trouve un écho fidèle dans les hameaux comme dans les cités : c'est l'Anjou, la terre des vaillants et des fidèles, qui, par la bouche de son évéque, vous affirme solennellement son attachement à votre personne et à votre autorité ; l'Anjou, qui vient lui aussi attester dans cette circonstance qu'il considère comme intangible la Rome du Christ, de Pierre et de Léon XIII.

Et sera notre présente lettre lue, sans aucun commentaire, au prône du dimanche IS septembre prochain.

Donné à Saint-Nicolas-de-Port, le 8 septembre 1895, jour de la Nativité de la Sainte Vierge.

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YIII

Lettre de Monseigneur VEvèque d'Angers hu clergé de son diocèse, annonçant la mort de son Eininence le cardinal Meignan.

xVng-ers, le 22 janvier 189(3.

Messieurs et chers Coopérateurs,

Une nouvelle bien douloureuse et bien inattendue vient de nous arriver : son Eminence le cardinal Meignan, notre métropolitain, a rendu son âme à Dieu dans la nuit de dimanche à lundi dernier. Rien n'annonçait une fin aussi soudaine. La veille au soir, le cardinal s'était montré gai et spirituel, comme toujours, avec les prêtres de son entourage, se plaignant seidement d'un malaise qui ne parut otTrir aucune gravité. Le lendemain matin il était trouvé mort et déjà refroidi.

Vous partagerez certainement, Messieurs, la tristesse que nous cause cette perte, s'ajoutant, en si peu de temps, à celles de Mgr Cléret et de Mgr Laroche, que pleurent les diocèses de Laval et de Nantes. Depuis trois ans à peine que nous sommes au milieu de vous, nous avons assisté quatre fois déjà aux funérailles dévêques voisins et amis dont aucun n avait atteint la vieillesse, et voilà que Monseigneur du Mans et moi nous restons seuls de toute notre province ecclésiastique ! C'est ainsi que la mort multiplie ses leçons et frappe ses coups imprévus, envoyée par une Providence dont nous devons adorer les insondables desseins, même quand

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