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acceptaient nos dogmes, qui oserait prétendre qu'ils entravent le génie et ne se concilient point pour eux avec la libre recherche du vrai? N'est-il pas permis d'urfirmor, au contraire, que les découvertes modernes fortifient les preuves de ces grandes vérités de l'ordre naturel qui supportent tout lédifice des croyances révélées? L'objection tourne contre ses auteurs. En explorant de nouveaux domaines et en constatant des lois de la nature inconnues jusqu'à nous, la science renouvelle notre admiration pour le législateur qui a tout tait avec poids et mesure et qui a semé à pleines mains Tordre et la beauté dans toute sa création, depuis les mondes immenses qui déroulent leurs avenues infinies dans l'espace, jusqu aux poussières invisibles et impalpables où le microscope découvre des millions d'habitants. Aujourd'hui comme au temps où le jeune berger David regardait les étoiles de la Judée, les cieux racontent la gloire de Dieu, et leur cantique retentit plus harmonieux que jamais aux oreilles qui ne s'y ferment point volontairement. Loin d'être déconcerté dans sa foi en levant les yeux vers ces soleils que nos pères prenaient pour des points lumineux plus petits que la terre, le chrétien bénit avec plus de reconnaissance la souveraine bonté de Dieu qui a choisi une planète infime pour y envoyer son Fils et en faire le théâtre des opérations merveilleuses de sa grâce.
La prédication évangélique, qui se concilie sans difficulté avec toutes les exigences de notre esprit, répond
A l'occasion de son arrivée IGO
bien mieux encore aux besoins de notre cœur et aux nécessités sociales de l'heure troublée où nous vivons. Nous rendons un sincère hommage à la civilisation contemporaine dans tout ce qu'elle a de vraiment louable. Les progrès extraordinaires réalisés dans Tordre matériel, le développement de la richesse publique, de l'industrie, du commerce, des voies de communication ; la terre tout enveloppée d'un réseau de voies ferrées et de lignes télégraphiques, la mer soumise et traversée presque en sécurité en dépit des tempêtes, les inventions qui se succèdent si rapidement pour aug^menter le bien-être et rendre la condition des hommes plus douce, tous ces perfectionnements nous inspirent une admiration sincère, et le siècle qui les a réalisés fera grande figure dans l'histoire. Mais, au fond, qu'y a-t-il de changé dans l'homme lui-même ? Est-ce qu'il ne souffre plus? Est-ce qu'il ne meurt plus? Est-ce que, dans le monde transformé par son intelligence, il ne promène pas la même inquiétude, les mêmes déceptions et les mêmes douleurs qu autrefois? Héritiers de nos pères, nous portons au cœur toutes leurs blessures, et, poussière comme eux, nous retournerons à la même poussière. Comme eux, nous marchons vers la tombe à travers la vallée de larmes, en traînant la longue chaîne de nos espérances trompées et de nos affections brisées par la mort. Comme les hommes d'autrefois, nous avons besoin d'être consolés et d'entendre, à certaines heures, le Sauveur nous adresser tout bas les paroles par lesquelles il raffermissait 1 espérance de Marie-Madeleine pleurant sur Lazare : « Je suis la résurrection et la
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vie '. » Malgré nous, vers le ciel il faut lever les veux!
Ce qui est vrai de chacun de nous Test aussi de la société tout entière ; car les nations, elles aussi, soulîrent, languissent et meurent. Ne vous semble-t-il pas, comme à nous, que nous touchons à une de ces crises décisives d'où peut sortir le salut ou la perte d'uu peuple ? Oh ! comme nous voudrions dissiper les préjugés qui éloignent de nous tant d'esprits généreux qui nous méconnaissent, et réunir tous les hommes qui aiment sincèrement leur pays dans une action commune pour le sauver! 0 France, pour laquelle nous donnerions volontiers notre vie, si tu savais le don de Dieu et les ressources de salut qu il a préparées pour toi dans son Eglise ! Si scires cloniim Dei! ~. Nous vous demandons la permission de vous citer ce qu'écrivait, il y a près de vingt ans, le modeste professevu- d'histoire qui devient votre Archevêque :
« Je l'avoue : aucun peuple n'a joué un rôle plus écla- « tant, aucun n'a offert le spectacle d'une civilisation « plus brillante et plus douce. Toutefois, peut-on se (( défendre de quelque tristesse en voyant de quelle « rançon cruelle il a payé sa gloire ? Quelles humi- « Hâtions, quelles mutilations sanglantes ont suivi «les triomphes! Qu'est devenue la Lorraine de 1737? (( Stanislas ne retrouverait plus sa petite principauté, et " de la place ' où j'écris, j'entends avec un serrement de
\. Ego AUDI resurrectio et vita (Joan., ii, 25).