AVANT-PROPOS VII
ceux qui débutent dans le grand tournoi de la pensée viennent de ce qu'ils se sentent abominablement seuls et sans soutiens ; François-Désiré Mathieu fut au contraire appuyé par des hommes puissants. Il a savouré à plaisir de charmantes et fines amitiés. Il a vu défiler chez lui tous les princes de la pensée et de la littérature ; même il en est qu'il a reçus, retenus longuement dans son exquise villa Yolskonsky, à Rome. Et par exemple, il a eu l'heureuse chance d'être l'évéque diocésain d'un catholique de marque qui est notre premier romancier à l'heure actuelle : M. René Bazin. A en juger d'après certaines apparences, leurs relations durent être étroites et excellentes, et l'évéque d'Angers, écrivant un jour à un prêtre du diocèse qui venait de fonder une Revue des Facultés catholiques de l'Ouest, avait à l'adresse de l'écrivain dont la réputation commençait à s'affirmer cette phrase presque badine : « A propos de M. Bazin, ne pourriez-vous pas, puisque nous sommes en temps de chasse, lui demander de tuer une seconde Sarcelle bleue, pour en régaler vos lecteurs ? »
Mais en plus des amitiés qui font le charme de la vie pour un esprit cultivé, et qui enferment en elles une des reconnaissances, une des appréciations du mérite que l'on doive lo ])lus oslimer. le Cardinal