‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 73 sur 95 · El non esl in alio aUrfiiox sahis (Acl., iv · texte numérisé non relu

El non esl in alio aUrfiiox sahis (Acl., iv

POUR LE CAUÈ^IE DK 1897 208

clergé, qui ne peut tout seul faire face à ses ennemis et qui succombe à la tâche. Vous l'avez bien compris, N. T. C. F., de là le nombre et la variété des œuvres, qui fleurissent dans ce diocèse et que nous ne nous lassons point d'admirer. Faites mieux encore, si c'est possible. Que chacun comprenne ses obligations spéciales et les accomplisse dans toute leur étendue. On vous a dit souvent que le chrétien est un soldat. Que tous les chrétiens du diocèse forment donc une armée vaillante et disciplinée où il n'y ait ni insoumis, ni lâches, ni complices de l'ennemi !

Le temps est passé, où chacun n'avait qu'à s'occuper de son salut individuel et à bien gouverner les siens, en s'en rapportant au Souverain du soin de protéger l'ordre, les bonnes mœurs et la religion. Le Souverain aujourd'hui, c'est vous, N. T. C. F., en droit et en fait. Votre responsabilité grandit donc avec votre pouvoir, et c'est à vous d'exercer les devoirs de la souveraineté, de faire la police dans la commune et dans l'État, de bien choisir vos délégués, et de ne pas permettre qu'ils préfèrent leurs intérêts aux vôtres et vous nuisent au lieu de vous servir. Que de souverains indolents, incapables, peu dignes d'exercer le pouvoir I ]\Ion très cher Frère, vous venez d'approuver mentalement ce que nous disions tout à l'heure des ravages de la mauvaise presse. Plus d'une fois, peut-être, dans un cercle d'amis, vous vous êtes répandu en doléances bien senties sur ce sujet. Quel est donc ce journal cjue je vous vois acheter, pour vous distraire en Avagon, et dont vous préférez la lectuie à tous les autres ? C'est le pire

20G ŒUVRES TASTOItALES DU CARDINAL MATHIEU

de tous, celui qui attaque avec le plus d'acharnement et de succès tout ce que vous croyez, tout ce que vous aimez, tout ce que vous cherchez à défendre; mais vous vous délectez à ces blasphèmes, sous prétexte qu'ils sont bien tournés, vous déclarez les bons journaux ennuyeux, vous y touchez à peine, et vous n'avez pas le courage de vous priver d'une lecture détestable, parce qu'elle vous plaît. Cher frère, vous commettez une mauvaise action, d'abord, parce que vous vous exposez vous-même à la séduction de l'erreur et du vice étalés dans cette feuille, et ensuite, parce que vous alimentez de votre obole le trésor de guerre des ennemis de votre foi. Or. ce trésor ne se forme que d'oboles accumulées, et il diminuerait notablement si les honnêtes g-ens cessaient d'y verser les leurs.

Chère sœur en Jésus-Christ, qui ne manqueriez à aucun ])rix à vos devoirs de chrétienne ; vous qui veillez avec un soin si jaloux sur l'innocence de vos enfants, qui ne toléreriez pas devant vous une parole offensante pour votre dignité de mère ou votre délicatesse de femme ; vous qui fuyez avec horreur la mauvaise compagnie, quelle est donc celle que vous fréquentez, quand vous lisez ce roman que je vois sur votre table, dont les héros semblent ignorer l'existence du bien et du mal et ont supprimé absolument le sixième commandement ? 'Vous vous croyez donc invulnérable ? En admettant que vous le sovez, qui vous a permis de favoriser l'industrie de ces artistes en impureté ?

Voilà notre défaut, à nous, catholiques français : nous manquons de fermeté autant que de logique. Atta-

qués violemment, nous nous défendons mollement. Nous ne savons pas nous imposer une g-ène ni sacrifier un plaisir, même pour arriver à un grand résultat. Tout le monde convient, n'est-il pas vrai, que notre jeunesse est dévorée dans sa fleur par deux fléaux : la mauvaise presse et les boissons empoisonnées. Comment donc les honnêtes gens de tous les partis n'ont-iîs pas encore formé, pour les combattre, une immense ligue, pareille à celle qui, chez nos voisins d outre-mer, enrôle sous ses bannières et enchaîne par ses serments des millions d'hommes arrachés à l'alcoolisme et à toutes les dégradations qu'il produit? Qu'il vienne l'apôtre inspiré, le pontife émule du cardinal Alanning-, qu'il parcoure la France, en prêchant cette double croisade, dans l'intérêt des populations, qui se perdent moralement et physiquement !

Prendre des précautions, nous préserver, ne point favoriser directement nos ennemis, ce sont des devoirs purement négatifs, et cela ne suffit pas. Il y a pour les catholiques français, surtout pour les laïques, une action légale et publique à exercer. Il faut que le chrétien se souvienne qu'il est citoyen, qu'il défende ses convictions religieuses à l'aitle de ses droits politiques, et que, comme saint Paul maltraité par les Juifs, il sache dire liai'dini'ut : Ton nppclle à César ' .' César, c'est tantôt un homme, tantôt une ou plusieurs assem-

Page 1