‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 75 sur 95 · Regnuni ineuin non eut de hoc ninndo (Joan., xviii. 3G · texte numérisé non relu

Regnuni ineuin non eut de hoc ninndo (Joan., xviii. 3G

celles qui pacifient les âmes, en les élevant. Il faut que les paroissiens puissent venir à la maison du Seigneur sans appréhension et qu'ils y g-oùtent une sorte de trêve de Dieu, qui les repose du travail de la semaine et des agitations locales. Quand le prêtre a dit en général, et en s'abstenant de toute personnalité, qu'une élection est un acte important et plein de conséquences, qu'un Français doit voter suivant sa conscience et pour les candidats qu'il estime les plus honnêtes et les plus capables, nous pensons qu'il en a dit assez.

Mais en dehors de leur ministère, est-ce que les ecclésiastiques ne jouissent pas des mêmes droits que les autres citoyens, c'est-k-dire du droit d'avoir une opinion, des intérêts, des griefs même, et de chercher des représentants, pour appuyer leurs revendications ? Certes, nous bornerions volontiers nos manifestations politiques à prescrire des Te Deii/n pour les victoires et des services funèbres pour les morts illustres, à recommander le chef de l'Etat au prône et à chanter exactement le Domine, salvam fac Rempiihlicam ; mais nous ne le pouvons plus en présence des haines acharnées qui nous poursuivent et du travail qui se fait, pour anéantir légalement 1 influence de la religion dans le pays.

Les devoirs des catholiques ont changé avec leur situation. Est-ce nous, en effet, qui nous occupons vraiment de politique? N'est-ce pas au contraire la politique qui s'occupe de nous constamment et avec malveillance, qui guette chacune de nos réunions^ chacune de nos paroles, pour les incriminer, et qui, récemment

C'' Mathieu li

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encore, accusait quarante évêques et deux cents prêtres d'avoir ourdi les plus noirs complots à Reims, avec l'aide du roi Clovis ?

Quoi ! les questions les plus graves, qui touchent aux relations de l'Eglise et de l'Etat, à la liberté du ministère apostolique, à l'éducation des enfants, aux congrégations religieuses, à Favenir moral du pays, seront discutées bruyamment et tranchées contre nous, dans la presse, dans les réunions publiques, dans les assemblées délibérantes, et il faudra nous désintéresser de la presse, des réunions publiques et des assemblées délibérantes, recevoir tous les coups sans rien dire et nous résigner au rôle d'ilotes, dans notre propre pays, sous prétexte que le royaume de Jésus-Christ n'est pas de ce monde ? Mais, s'il n'est pas de ce monde, il est destiné à agir sur ce monde, il y est intimement mêlé, il a ses institutions extérieures et publiques, qui touchent par tous les points aux institutions humaines, il se déploie dans le temps et dans l'espace, et il faut qu'il puisse s'y déployer librement.

On nous répète encore : Rendez à César ce qui appartient à César i. Mais, quand César prend ce qui ne lui appartient pas, quand il envahit le domaine de Dieu et opprime les consciences, nous avons le droit de lui résister légalement et le devoir de lui représenter respectueusement son injustice, de le convaincre et de lui dire, comme le Sauveur au valet, qui l'avait souffleté : Pourquoi me frappez-vous - ?

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