Agnus Dei, fjui lollis peccala mundi. (Joan., i, 29. j
floraison d'édifices de tout style, de tout ordre, de toutes dimensions, où les mystères sacrés se célèbrent au grand jour, depuis la conversion de Constantin ? C'est une parure que la terre a revêtue en l'honneur de la sainte Eucharistie. Oui, ô vieilles cathédrales sombres qui ressemblez à des g-éants de pierre couchés en croix, basiliques de marbre inondées de lumière et resplendissantes de dorures, humbles ég-lises de villages au toit couvert de mousse et au mobilier chétif, chapelles élégantes que tous les arts décorent à l'envi, rosaces de pourpre qui flamboyez aux rayons du soleil, cloches qui lancez vos volées joyeuses du haut des beffrois, peuple de saints qui priez tout bas dans les niches des portails, oui, vous n'êtes que l'exécution mag-nifîque du testament du Seigneur ! C'est bien la prose Lauda Sion que vous chantez à travers les âges, et votre voix ne se taira point jusqu'à la fin des temps, jusqu'au jour où le dernier des prêtres ayant fini la dernière des messes, les cieux se rouleront comme un livre et l'agneau immolé, se changeant en lion de Juda, viendra mener son grand triomphe sur ses ennemis et prononcer les sentences, qui fixeront les destinées éternelles, jusqu'au jour où les anges et les élus entonneront ensemble, dans les ravissements de l'extase infinie, les chants de la messe qui ne finira plus et se prolongera à travers les siècles des siècles !
Ce n'est pas tout, N. T. C. F. L'autel et le tabernacle aboutissent à la table sainte, qui est le couronnement de la miséricorde divine sur l'homme et la rêvé-
lation de toutes les richesses que le testament de Jésus nous a lég-nées. C'est ici, en effet, qu'il a déployé pour nous toute sa puissance, toute sa générosité, toute sa tendresse, et que l'infini nous accable de sa magnificence. « Mangez: Ceci est mon corps qui sera livré pour vous... Buvez: Ceci est mon sang qui sera versé pour vous...^ » Voilà la merveille que reproduisent chaque matin les paroles du prêtre. Ce n'est rien pour les yeux charnels : une petite hostie blanche sur une patène, un peu de vin dans une coupe d'or ; mais comprenez bien toute la teneur de ce testament, élevez vos pensées en même temps que vos cœurs, et voyez si ce ne serait pas une sorte de blasphème de comparer les héritages les plus opulents à celui-là ! Je suppose, mon frère, que vous héritiez du plus riche propriétaire du monde. Que vous laisse-t-il ? Des domaines, des palais, de l'argent, c'est-à-dire quelque chose d'extérieur à vous-même, quelque chose de mort, d'impuissant, qui ne contient pas le bonheur réel et ne saurait changer votre destinée ; des domaines et des palais dans lesquels vous promènerez l'éternelle inquiétude de votre cœur, pour arriver ensuite à vous coucher dans un trou de six pieds de profondeur et de trois pieds de large ; de l'argent, qui vous apportera plus de soucis qu'il n'en dissipera et ne saurait vous acheter ni la santé du corps, ni la paix de l'âme, ni le bonheur domestique, ni la sécurité de l'avenir !
« Prenez et mangez : ceci est mon corps. Prenez et