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PREFACE

époux '. . . pour communiquer à leur union quelque chose de saint, d'ineffaçable et pour ainsi dire d'éternel qui en prolonge indéfiniment le charme. Ceux qui s'aiment en Lui ne cessent pas de s'aimer. » — « ... Ce sont les jeunes souverains qui ont toujours été les plus aimés. » — Au mariage de M^'^ Taine, il rappelle les qualités morales de son illustre père : « Qui ne la point vu dans sa famille ne l'a point vraiment connu; chez lui, le style n'était pas tout l'homme et sa manière d'écrire, éclatante, incisive, impérieuse ne donnait point l'idée de tout ce que valait son cœur. » — Je ne serais point surpris que la jeune fille à laquelle s'adressait ce langage n'ait reçu dès ce jour, en son âme, les premiers germes, bienfaisants et féconds, dont l'éclosion l'a transformée ; car des froides régions de l'incrédulité elle s'est élevée jusques aux sphères sereines de la beauté surnaturelle ; jeune encore, elle devait mourir comme une sainte. Qui sait si ce contact fugitif avec une âme sacerdotale n'a pas été pour elle une grâce prévenante de Celui qui l'appelait et la destinait à la lumière et à la paix.

A l'occasion de la mort du Maréchal de Mac- Mahon, du général d'Andigné. du baron de Lassus, d'un officier mortau Dahomey, le capitaine Mangin, Mgr Mathieu prononce des allocutions très éloquentes. Celle qu'il a consacrée à la mémoire du Maréchal est vibrante et brillante : il louait « le

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héros de nos gloires, la victime de nos désastres » avec un accent entlammé. Il raccompagnait « dans la dernière et magnifique demeure qu'il occupe, à côté du capitaine incomparable qui s'y repose de cent victoires ». — Il exj)rimait son caractère tout entier par le trait dislinclif de sa physionomie morale: (( la droiture et la simplicité dansTaccomplissement du devoir. » — Son enthousiasme pour le glorieux soldat ne l'empêchait point de reconnaître et d'affirmer: (( Mac-Mahon fut entraîné dans la politique à son corps défendant, sans avoir ni les qualités ni les défauts qui font qu'on y réussit... il était honnête homme, lui ! »

Mais, peut-être, n'y a-t-il rien de plus véhément que la magnifique apostrophe au drapeau, éclatant dans l'oraison funèbre du capitaine Mangin et où s'exhale l'ardeur du patriotisme : chez ce fier Lorrain cette passion est profonde et fougueuse : elle jaillit des profondeurs de son âme ; elle envahit tout son être, elle se répand en paroles expressives, qu'elle anime, qu'elle colore, qu'elle réchauffe. Cependant il ne manque jamais de l'illuminer et de l'ennoblir par la religion qui en est la source et la protectrice.

Je me rappelle telle circonstance de sa vie dans laquelle ce patriotisme se montra intransigeant et jaloux: le cardinal ne supportait point qu'on essayât de le dissoudre par une dissolvante analyse, (ju'ou l'énervât ou qu'on l'affaiblit par un vague

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