‹ ŒuvresChapitre 9 sur 41 · XVI PREFACE · texte numérisé non relu

XVI PREFACE

faits pour surprendre ceux qui ne le connaissaient que superiîciellemenl. et que trompaient la vivacité soudaine de son allure, ses impétueuses saillies, la promptitude de son esprit spontané qui se prodiguait en des causeries familières et charmantes dont

l'ironie n'était point toujours bannie. Sa finesse et sa gaieté voilaient et dissimulaient, pour des auditeurs inattentifs, une vie intérieure constamment alimentée au foyer d'une piété fervente.

Pour l'envisager sous cet aspect et pénétrer dans lintimité de son àme, rien ne vaut le recueil intitulé : Sermons des Dominicaines, et je dirais volontiers qu il y mit le meilleur de lui-même.

Vers 1880, il était aumônier d'un couvent où étaient élevées les filles des meilleures familles de la Lorraine. On aurait pu croire que ce prêtre habitué à parler et à écrire se serait contenté, s'adressant à des enfants, d'une brève et hâtive préparation ; combien d'autres auraient satisfait leur conscience par une improvisation, dont il était fort capable, aidée tout au plus de quelques notes indiquant les points principaux de ses instructions. L abbé Mathieu était plus difficile envers lui-même, et les pages que l'on pourra lire, en ce volume, dénotent sa scrupuleuse vigilance. Un de ses biographes, auteur d'une intéressante et compréhensive brochure, a écrit : « Chez lui, l'orateur ne valait pas l'écrivain '. »

Page 1