PROLOGUE. i
De tous les connaisseurs ils fixent les suffrages ; On les vante sans cesse; on les loue avec feu; Mais quant à la recette ^ ils produisent fort peu.
LE SEMAINIER
Pour moi , j'aime toujours la vieille comédie.
l'auteur.
C'est elle aussi que j'aime , elle que j'ëtudie. Si je n'y puis atteindre, heureux d'en approcher I
le semainier.
C'est là le vrai chemin ; suivez-le sans broncher- La bonne comédie est celle qui fait rire.
l'auteur.
Ce que je pense, j*aime à vous l'entendre dire. Enfin, pour mon début, novice dans cet art, D'un essai singulier je tente le hasard; Une pièce à-la-fois ancienne et nouvelle , Qu'en pensez-vous. Monsieur? quel succès aurait-elle?
le semainier.
Vraiment!., je n'en sais rien. Après tout, c'est selon* Vieux ou nouveau j pourvu que l'ouvrage soit bon, La date n'y fait rien.
l'auteur.
Chez un poète illustre, De qui notre théâtre obtint son premier lustre , J'ai fait choix d'un ouvrage à peu près dans Toubli , Et négligé depuis plus d'un siècle et demi.
En le retravaillant , j'ai cru qu'il pourrait plaire. Souris à cet essai , peut*être téméraire ,