‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 134 sur 259 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Et votre ame, aujourd'hui, tournée au repentir, Fait mentir le proyerbe en cessant de men\îr !

DORAISTE.

Oui , j'avais autrefois la langue un peu légère ;

Je suis changé, te dis-je^^, et je ne mens plus guère.

CLITON

Quoi ! ce duel , ces coups si bravement portés , Ce cheval , ces sergens ?

Autant de vérités.

CLITON

J'en suis fâché pour vous , Monsieur , et sur-tout d'une Qui me fait redouter un excès d'infortune :

Vous êtes en prison , et n'avez point d'argent ; Vous serez criminel.

Je suis trop innocent.

CLITON

Ah ! Monsieur ! sans argent est -il de l'innocence ?

A Poitiers , autrefois, j'avais fait connaissance Avec un Lyonnais : Ariste , c'est son nom; Jeune homme aimable , riche , et de bonne maison. Quand je fus à Paris , je le perdis de vue ; Son idée à propos ici m'est revenue ; Compter sur son secours me peut être permis : Nous étions à Poitiers deux intimes amis ;

24o LA SUITE DU MENTEUR.

Nous courtisions le sexe, et faisions bien des rAIes. Je f en pourrais conter des incidens fort drôles.

CLITON

Yos contes sent. Monsieur , on ne peut pas meilleurs ; Mais, pour s'en divertir , il £aiudrait être ailleurs.

Eh bien ! ya donc chercher Ariste tout à rheure* ; On te pourra, sans peine, indiquer sa demeure; Etant ici parent des premiers magistrats , Il doit être connu ; cours, tu t'informeras...

CLITON

Oui , s'il est à Lyon , je saurai vous le dire.

Quand on t'a fait entrer , je lui venais d'ëcrire. Porte-lui cette lettre ; il est heureux pour moi De t'avoir aujourd'hui retrouvé.

GLITplï.

Je le croi.

Mais qu'est-ce P.. . j'aperçois une mine friponne... Regardez... Que nous veut cette aimable personne? Vous n'avez pas fini votre narration : j^

Vous connaissez. Monsieur, des dames à Lyon ; Vous ne le disiez pas.

( Le geôlier enlre vn moment povr introduire Liw , et se retire auMildt.)

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