‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 135 sur 259 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

LISE, DORANTE, CLITON

LISE 9 k Dorante.

C'est VOUS qui devez être , Ce nouveau prisonnier ?

CtlTON.

En effet , c'est mon maître Qui logé ici par force , et s'en passerait bien.

( A Dorante. )

Quelle est cette suivante ?

DORAI«T£.

Eh ! mais , je n'en sais rien.

Je ne la connais pas.

CigtTON.

Bon ! quel conte !

LISE

Une dame Ose braver pour vous les soupçons et le blâme; Mais parmi les motifs qui la pressent d'agir , [N'en supputez aucun dont elle ait à -rougir. N'en demandez pas plus ; veuillez seulement lire : Ce billet vous dira tout ce qu'on veut vous dire.

DORÂÎ9TE lit.

« Au bruit du monde qui vous conduisait prisonnier , » j'ai couru à ma fenêtre , et n'ai pu m'empécher de

» vous plaindre. J'ai des raisons de croire qu'on vous I. . 16

» fait injustice, et je vais travailler à vous procurer » votre liberté. Cependant obligez-moi de vous servir » des deux cents louis que je vous envoie; vous pouvez » en avoir besoin dans Tétat où vous êtes. Peut-être un » jour me connaîtrez -vous; c'est alors seulement que ^> vous pourrez juger ma démarche , et en apprécier les » motifs. »

CLITON

Oh ! qu'est-ce ci , Monsieur ? c'est le commencement , Ou je me trompe fort, d'un bel et bon roman : Vous voilà chevalier , aimé par une infante ; Et moi, votre écuyer, j'aimerai la suivante.

Je suis bien étonné. De qui vient ce billet ? On ne l'a point signé.

LISE

Pardon, c'est un secret.

Pour ma maîtresse il est d'une grande importance De taire quelque tems son nom et sa naissance. Voici dans cette bourse. . .

Eh ! non. Puis-je accepter?. . .

Mais vous n'y pensez pas; pouvez-vous hésiter?

D'un si rare bienfait quand j'ignore la source...

CLITON

Sans curiosité , gardons toujours la bourse.

Page 1