‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 146 sur 259 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

MÉLISSE

Il s^çn montre jaloux? Eh! Lise, es- tu si neuve. De penser que d'amour ce soit bien une preuve ? C'en est une souvent de pure vanité , Du chagrin de déplaire ou de se voir quitté.

Les hommes sont si fiers , si sûrs de leur mérite , Qu'un refus les étonne et même les irrite ;' Et pour être jaloux par air ou. par dépit, U ne faut point d'amour, l'amour-propre suffit. Ariste prend encor des airs de jalousie ; Mais ce n'est plus amour, c'est pure fantaisie ; C'est reste d'habitude, ou bien c'est un désir De me contrarier; il s'en fait un plaisir.

Crois ce que je te dis ; sa tendresse incertaine , Entre Lucrèce et moi maintenant se promène; J'observe dans son cœur ce contraste*secret , Et ne m^en lâche point... Mais mon frère parait.

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