‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 147 sur 259 · CLÉANDRE, MÉLISSE, LISE · texte numérisé non relu

CLÉANDRE, MÉLISSE, LISE

CLÉÂÏ9DRE.

Ma sœur, à quel danger vient d'échapper ton frère !

MÉLISSE

Quoi ? quel nouveau péril ?

CLÉÂIYBRE.

J'en suis sorti , ma chère , I. 17

t58 LA SUITE DU MENTEUR.

Grâce au beau dévouement de ce noble inconnu.

MÉLISSE

Qu'a-t-îl donc fait ?

Ecoute ; admire sa vertu.

Comme je me montrais , afin que ma présence Donnât à présumer mon entière innocence , Sur un bruit répandu que , depuis plus d*un jour, Florange et moi passions pour rivaux en amour, Le prévôt soupçonneux m^arréte dans la rue , Me mine au prisonnier, me présente à sa vue.

Celui-ci m^examine et me reconnaît bien.

Mais quoi! pour mon salut il expose le sien.

Lui , qui souffre pour moi , sait mon crime , et le nie ,: Dit que ce qu'on m'impute est une calomnie, Dépeint le crinûnel de toute autre façon.

Oblige le. prévôt à sortir sans soupçon.

Me promet amitié, me jure de se taire.

Voilà ce qu'il a fait; vois. ce que je dois faire.

L'aimer, le secourir, et tous deux avouer Qu'un si digne mortel ne se peut trop louer.

CLÉÂNDRE.

Ce matin , en songeant qu'il souffrait à ma place , Je m'afHigeais pour lui , je plaignais sa disgrâce ; Mais ce n'est plus pitié , c'est obligation , Et le devoir succède à la compassion.

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