‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 160 sur 259 · ACTE ni, SCÈNE I. l · texte numérisé non relu

ACTE ni, SCÈNE I. l

ARISTE

Comme il vous intéresse , il ne peut me. déplaire; Il fallait qu'en détail j'entendisse Tfiffaire.

Aux rares incidens je me vois destiné ; '

Ici , par une erreur, je suis emprisonné ;

Le carnaval dernier, ce ne fut point méprise , .

On me tint quelque tems en prison à Venise :

Même, comme aujourd'hui, c'était pour un duel.

ARISTE

Vous vous étiez battu?

Celui-là fut réel ;

Aussi j'avais été provoqué de manière !

ARISTE

Par qui donc ?

L'aventure est assez singulière.

^ ARISTE

Oui?... Racontez-la-moi, par plaisir.

Volontiers.

Vous ressouviendrait-il qu'autrefois à Poitiers Nous vimes une grande et belle cantatrice , Dont le talent alors. faisaif notre délice ?

Elle allait à Bordeaux , et donna des concerts.

ARISTE

S'il m'en souvient î k moi ? Je chantais tous ses airs ;

J'étais fou de musique.. 4 On la nommait Julie.

bohanteI Elle-même. Je Fai jtrouvée en Italie^

CLITONy Ut à Dorante.

En étes-yous bien sûr, Monsieur F

DORANTE, bisàClitoB.

Tais-toi, Cliton.

( A Ariite. )

C'est pour elle là-l)as qu'on m'a mis en prison*

ARISTE

Comment cela ?

D'abord , vous saurez que la belle Brillait fort à Venise ; on n'y parlait que d'elle ; La Française à son char attachait tous les cœurs; Elle avait ruiné cinq ou six sénateurs ;* Elle aimait le fracas , les plaisirs , la dépense ; L'amour faisait les frais de sa magnificence; Lors de mon arrivée , elle mettait à sec Certain riche marchand ; c'était un patron grec , Venu de Smyme, ayant trois tartanes chargées, Que, comme de raison , elle eut bientôt mangées; Elle dévora tout, cargaisons, blitimens, C'est-à-dire un peu plus de six cent mille francs. Je ne sais quel démon me mit en &ntaisie D'obtenir les bontés de l'aimable Julie :

Comme compatriote on me reçut d'abord , On m'acctteilUt fort bi«n; j'avais lor^ dansle port

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