‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 218 sur 259 · ACTE V, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VIII

ARISTE

Pour le lui reprocher , il me rend trop heureux.

Mais une circonstance est ici bien contraire. Dorante nous promet le retour de son frère; Je lui suis engagée, et depuis fort long-tems; Je ne saurais manquer à la foi des sermens; Que lui répondrons-nous , Dorante , s'il arrive?

Madame , je vous trouve en cela bien craintive, Et vous lui répondrez... que les absens ont tort. D'ailleurs , que savons-nous ? il e&t peut-être mort...* La date de sa lettre est assez ancienne ; Pour moi , je ne crois pas que jamais il revienne.

LUCRÈCE

Mais avouez du moins , en cette occasion , Que ce frère est un trait de votre invention.

DORAï^TE.

S'il vous faut cet aveu pour qu'un doux hyménée Vous rende avec Ariste à l'instant fortunée , Que ne ferais-je pas pour un ami si cher...

Et pour vous ?

LUCRÈCE, )iM<liu«.

L'entends-tu ? ce langage est-il clair ?

Il convient de ses torts , et je les lui pardonne.

UÈLISSE.

Je veux , à ton exemple , être indulgente et bonne. I. a3

Ah ! Madame, à mes vœax daignez-vous consentir?

MÉLISSE

Mais songez qu'à sa femme on ne doit pas mentir.

Ne craignez rien. Je yeux conseryer votre estime , Et vainqueur, je renonce à ce genre d'escrime. Oui , pour vous divertir, je ferai désormais Des contes quelquefois , des mensonges jamais.

CLITON

Mon maître le promet ; mais gare à qui s^y fie ! Qui mentit , mentira tout le tems de sa vie.

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