‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 3 sur 259 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

ANAXIMANDRE assis , des tablettes à la main.

Cette enfant-là me tourne la cervelle ; Je ne vois plus, je ne rêve plus qu^elle.

Je meurs d'un mal que \t veux renfermer

Ânaximandre !... il te sied bien d'aimer !

Ne sais-tu pas qu'une vertu sévère , Un esprit droit , un cœur noble et sincère , Sur tout ce sexe ont bien peu de pouvoir P C'est par des riens qu'il se laisse émouvoir.

i6 ANAXIMANDRE.

Des jeunes gens volages et frivoles , Conteurs plaisaos de quel<{ttes fariboles ^ Extravagans , indiscrets , étourdis , Belles , voilà vos amans favoris ; Et près de vous , Thonnéte homme , le sage , Fait bien souvent un fort sot personnage.

Moi ! déclarer que je suis amoureux ; Cachons plutôt ce penchant malheureux !

Et , sMl se peut — Mais je vois Aspasie :

A son aspect , je sens ma frénésie S^accroitre encore!.... et je ne puis la fuir!.. Cruelle enfant!.... que tu me fais souffrir!..

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