SCÈNE PREMIÈRE
ANAXIMANDRE assis , des tablettes à la main.
Cette enfant-là me tourne la cervelle ; Je ne vois plus, je ne rêve plus qu^elle.
Je meurs d'un mal que \t veux renfermer
Ânaximandre !... il te sied bien d'aimer !
Ne sais-tu pas qu'une vertu sévère , Un esprit droit , un cœur noble et sincère , Sur tout ce sexe ont bien peu de pouvoir P C'est par des riens qu'il se laisse émouvoir.
i6 ANAXIMANDRE.
Des jeunes gens volages et frivoles , Conteurs plaisaos de quel<{ttes fariboles ^ Extravagans , indiscrets , étourdis , Belles , voilà vos amans favoris ; Et près de vous , Thonnéte homme , le sage , Fait bien souvent un fort sot personnage.
Moi ! déclarer que je suis amoureux ; Cachons plutôt ce penchant malheureux !
Et , sMl se peut — Mais je vois Aspasie :
A son aspect , je sens ma frénésie S^accroitre encore!.... et je ne puis la fuir!.. Cruelle enfant!.... que tu me fais souffrir!..