L^HÔTESSE
Ici chacun en fait de même , Et c'est qu'il le mérite. Entre nous, je crois bien Qu'il s'amuse à Paris ; est-on jeune pour rien ? Le plaisir à cet âge est l'importante affaire. Depuis huit jours , au reste , il est fort sédentaire ; Un de ses bons amis avec lui s'est logé ; Celui-là , par exemple , est un garçon rangé ; II s'appelle Derbain ; il aime les sciences , Et sur- tout la physique et les expériences : Enfermé dans sa chambre , .il travaille toujours, Et n'a pas mis le pied dehors tous ces huit jours.
M. DAIGLEMOl^T.
Né puis-je pas le voir ?
l'hôtesse.
Vous en êtes le maître ; Il est là.
M. DAIGLEMOI^T.
Je serais charmé de le connaître ; Je vais le saluer, et lui dire bonjour.
De Folleville ainsi j'attendrai le retour.
(Il s'approche avec l'Hôtesse de la porte du cabinet).
l'hôtesse.
La clef est à la porte.
Jtt. DAIGLEMOl^T toarne la clef , et ne pent fM ouvrir.
^ Eh bien donc ?
l'hôtesse.
Poussez ferme.
8a LES ÉTOURDIS.
H. DAIGLEHOKT.
Mais je croîs qu^on retient la porte.
( Oa met nn ^rron en dedâai. )
Ah ! Ton s^enfenne.
l'hôtesse.
C'est qu'il est occupe ; je yous l'ayais bien dit.
Vous le dérangeriez.
H. DAIGLEMOVT.
Allons, cela suffit. -^
( II crie k trtrerf la p*rte. )
Ne YOUS dérangez pas , Monsieur , je yous supplie ; J'en serais désolé ; j'aime qu'on étudie.
( A radtesse. )
Je ne sais pas pourquoi nos gens ne yiennent pas; Je yais , pour les chercher , retourner sur mes pas.
( A Julie. )
Toi , reste ayec Madame. Allons , ma bonne amie. Tâche ici d'oublier ton chagrin, je t'en prie. Adieu.
( Il rcmbrasse. )