ACTE I, SCÈNE IX
Pas beaucoup.
l'hôtesse.
Quoi ! si jeune , et si peu curieuse !
Sayez-vous bien qu'il n'est au monde qu'un Paris ? Chaque étranger qui vient est enchanté, surpris ; Rien n'est si beau !.. . . Partout c'est un bruit ! une foule ! Sans des plaisirs nouveaux aucun jour ne s'écoule. Il faut aller tout voir, comédie , opéra.
JULIE
Qui ? moi ? j'irai partout où mon père voudra.
l'hôtesse.] Comment donc ? aux plaisirs étes-vous insensible ?
JULIE
Les goûter à présent me serait impossible.
l'hôtesse.
Pauvre enfant ! quelle est donc sa situation ? Aurions-ntus par hasard quelque inclination , «
Quelque tendre penchant qu'un père désapprouve ? Ah ! je sais bien alors quel chagrin on éprouve ; Moi, j'ai passé par là. Pour mieux vous désoler, D'un vieux mari , peut-être , on veut vous affubler ; Car voilà comme on fait; les malheureuses filles ! Toujours on les marie au gré de leurs familles , Jamais au leur.... Je vois... Vous venez à Paris Acheter des bijoux, des étoffes de prix.
Enfin tout ce qu'il faut quand on entre en ménage , Le trousseau?... n'est-ce pas?... A quand le mariage?
JULIE
Mon père n^est pas homme à me sacrifier, Et c^est moi qui jamais ne yevoi me marier.
l'hôtesse.
Ah ! jamais; ne jurons de rien , Mademoiselle; Mais , enfin , d'où vous vient cette peine cruelle ? Je crois le deviner; soyez de bonne foi; Je m'y connais un peu ; vous aimez , je le voi ?
J U L I £ 9 soupirant.
ÂhIDieu!
Là , faites-moi la confidence entière.
Je suis fort indulgente en pareille matière.
Au fait y est-ce pour rien que nous avons un cœur ? Puis , si vous aimez , c'est en tout bien , tout honneur. Dites-moi , votre amant est-il jeune , sincère ? Vous ëcrit-il ? a-t-il l'aveu de votre père ? Yiendra-t-il à Paris ? est-il un peu jaloux f
JULIE
Hélas ! il pouvait bien être connu de vous.
l'hôtesse.
Bon ! comment ? il a donc habité cette ville ?
JULIE
C'était l'intime ami de monsieur Folleville.
Plus d'une fois, sans doute, il est ici venu.
l'hôtesse.
Comment le nommait-on ?