‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 42 sur 259 · L^HÔTESSE · texte numérisé non relu

L^HÔTESSE

Je n'ai vu Personne de ce nom. Si bien donc qu'il demeure A Paris ?

JULIE

Il n'est plus; c'est sa mort que je pleure:

Je le regretterai toujours comme aujourd'hui ; Je l'aimai le premier; je n'aimerai que lui.

l'hAtesse.

Quoi ! votre amant est mort! quel malheur effroyable! D'honneur , cela me fait une peine incroyable.

JULIE

Ensemble dès l'enfance élevés tous les deux ,

Nous avions mêmes goûts , mêmes soins , mêmes jeux :

Je le voyais sans peine adoré de mon père ;

Ce n'était qu'un cousin , je l'aimais plus qu'un frère. . . .

Je n'ai plus rien au monde , et n'y veux point rester.

l'hôtesse.

Mademoiselle, aussi c'est trop vous attrister; L'usage de Paris est différent du vôtre :

Quand on perd un amant, on se pourvoit d'un autre.

JULIE

,Ma douleur est réelle , et durera toujours.

l'hôtesse.

Bon ! bon ! soyez ici seulement quinze jours

J'ai besoin de repos ; je me sens un peu lasse :

Faites (jue Ton me donne une chambre , de grâce.

l'hôtesse.

Dans yotre appartement je vais vous installer.

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