‹ Œuvres (volume 2)Chapitre 78 sur 259 · ACTE III, SCÈNE XII. i3i · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE XII. i3i

Elle riait. Peut-être elle est dUntelligence :

Elle m'aurait trompé!... J'en yeux tirer vengeance,

La tourmenter un peu... Te voilà, mon enfant P

JULIE, è p»rt.

Mon père est toujours là.

M. BÂIGLEMOKT.

Je te fais compliment; .

Ta galté me parait tout-à-fait revenue.

JULIE

Pas encor; mais au moins mon chagrin diminue.

M. DAIGLEM019T.

Et je sais le moyen de le faire finir, n faut te dire un fait qui doit te réjouir.

Je vais te marier à Paris.

JULIE

Moi , mon père ?

M. DAIGLEHONT.

Oui, toi-même, et dans peu; j'ai trouvé ton affaire.

Ton cousin Daiglemont est mort ; il a bien fait.

Veux-tu que je t'en fasse en deux mots le portrait ?

C'était un étourdi , sans règle , sans conduite ;

J^ dràle à la misère enfin t'aurait réduite ;

C'est un très-grand bonheur pour toi qu'il ne soit plus.

Je te trouve un parti de trente mille écus.

Garçon prudent, rangé ; d'ailleurs tout jeune, aimable ;

Qu'en dis-tu ? Ce plan doit te sembler agréable ?

JULIE

Mais, mon père...

i32 LES ÉTOURDIS.

M. DAIGLEMOIïT.

Hein ? Cela parait f embarrasser.

Moi , )'ai cru que d'abord tu viendrais m'embrasser. Est-ce que j'ai mal fait ?

JULIE

Ces offres sont fort belles ; Je sens, comme je dois, vos bonté3 paternelles; Mais mon cousin et moi lAous devions être unis ; Je m'en flattais déjà; vous me l'aviez promis.

M. DAIGLEMOHT.

Fort bien; mais il est mort, et ce serait folie...

Non, non; ne pensez pas qu'un instant je l'oublie. Mon cœur, toujours constant , lui jure devant vous , Que jamais, non, jamais je n'aurai d'autre époux.

M. BAIGLEMOlïT.

Ce serment-là , vraiment , est pathétique et tendre. On dirait qu'elle croit que ce mort peut l'entendre. Ma pauvre fille est folle ; elle l'est tout-à-fait.

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