SCÈNE PREMIÈRE
Le théâtre représente une salle ^ dans une maison de
campagne.
M" ROLtAND, BAUDOT.
BAUBOT.
Il veut partir? J'entends qu'il demeure , au contraire. A nos menus plaisirs Terville est nécessaire....
]«"• HOLLAI9B.
Quant à moi , je commence à le prendre en pitié. Couvrir des tours pareils d'un voile d'amitié , Et lui faire des peurs !
BAUDOT
C'est le moins qu'il mérite, Et pour la peur il est heureux d'en être quitte.
Vraiment, j'en suis d'avis, qu'un petit écolier Contre un homme célèbre ose ainsi s'oublier, Attaque Helvétius , et dans une brochure Lui prodigue au hasard la critique et l'injure ! C'est un présomptueux, un esprit à l'éyent.
M*« ROLLAND
C'est un enfant perdu qu'on a mis en avant, Instrument d'un parti qui lui monte la tête !
BAUDOT
Je lui pard opinerais , s'il était une béte.
M"»« ROLLAND
Tout en vous secondant, je le plains quelquefois. Il est comme en prison ici depuis un mois.
Croyant de bonne foi que , sensible à l'offense , Helvétius poursuit une grande vengeance ; Qu'employant son crédit à le persécuter.
Il ne songe à rien moins qu'à le faire arrêter, Qu'il en a surpris l'ordre ; et même cette fable Pour votre digne ami n'est pas fort honorable; Lui, le plus indulgent des humains, le plus doux!...
BAUDOT
Aussi l'invention n'est-elle pas de nous.
Elle part d'une source en intrigues féconde.
Le perfide parti que Terville seconde , Dans Paris méchamment a répandu ces bruits De projets de vengeance et d'un ordre surpris. Madame votre sœur, qui volontiers s'amuse ,