ACTE II, S(ÎÈNE VI
Secrétaire !...
FULMEil.
Si je n'écrivais pas ses lettres, je les portais; j'ayais sa confiance entière ; j'étais une manière d'homme d'affaires, d'intendant... C'était une fort jolie place!... Kous comptions voir la France , et nous allions passer les Pyrénées , lorsque , dans u'iie plaine de la Biscaye , nous rencontrâmes une troupe de bohémiens... La curiosité nous fit descendre de voiture pour les considérer de plus près. ... Ce fut alors que je te vis , ma chère Mar-* ganta ; tu étais la plus jolie. petite bohémienne !...
M«« FULMER.
Ma foi , mon cher ami , tu fis là une assez pauvre rencontre , et je n'en fis pas une meilleure.
FULMER.
Le tendre amour me tourna aussitàt la cervelle... Votre troupe alla coucher dans la grange d'une auberge où nous nous arrêtâmes ; et dans la nuit même je t'enlevai... J'étais si fort occupé d|s ma passion nouvelle , que je nae songeai pas à rendre à mon compagnon de voyage sa bourse, qu'il m'avait confiée; j 'échangeai même, par distraction, mon porte-manteau contre sa malle... r^ous (imes quelque tems figure aux dépens du baronnet , et tu peux te souvenir que nous menions une vie assez agréable; mais l'argent vint à manquer... Nous fîmes alors ressource de nos talens... Tu disais la bonne aventure , et je montrais les marionnettes. . . Nous arri-