‹ ŒuvresChapitre 178 sur 205 · Suri · texte numérisé non relu

Suri

APPENDICE I. aSS

sans remède, vous devez vous assurer que nous en trouverons "[^ de bons avec l'aide de Dieu. Mais» encore une fois, soyez as« sure que sans M, de Bateville, vous ne faites rien, et que l'on vous laissera débattre, mais sans secours qui vous puisse apparemment garantir d'une perte inévitable. Nous partirons d'ici lundi, tous ensemble, pour Saint-Sëbastien, et pourvu que semblables accidents n'arrivent plus, j'espère que tout ira très-bien. Il n'y a point d'homme au monde aise à tromper comme vous^ et, pour vous dire la vëritë, c'est grande pitië que vous ne puissiez jamais vous résoudre à y regarder un peu de plus près. Tout le monde est aujourd'hui ëvcilld pour cela : dites-le bien à M. de Bouillon, il le sait assez, mais d'en faire souvenir toujours il n'est que bon. Enfm tout l'effet qu'a fait d'avoir renvoyé dom Joseph et d'avoir envoyé Mazerollcs, a été que vous aurez quinze jours plus tard ce' que je pense qui ne vous fait déjà que trop de besoin, et que, s'il fût arrivé ici seul, vous pouviez, sur ma parole, aller chercher fortune ailleurs. Je parle ainsi hardiment à cause de ma netteté et des assurances que j'ai que je dis la vérité, et une vérité qui est si forte que tout ce qu'il y a d'honnêtes gens en Espagne qui ont connoissance de l'affaire seront obligés de porter témoignage pour elle. Je vous en dirois vingt fois davantage ; mais je réserve les preuves à notre première vue, que je souhaite avec autant de passion qu'il est possible. Je vous donne le bonsoir.

Depuis ma lettre écrite, M. de MazeroUes a reçu une lettre de Bordeaux, de M. Lenet, par laquelle il est dans l'espérance * de recevoir une somme d'argent que M. de Mo^^erolles et M. de Baas ont mandé être partie de Saint-Sébastien; mais en cela ils ont été trompés, et l'arrivée du premier sur le bruit du changement général du traité, et avec cela l'impossibilité qu'a trouvée ^^ dom Joseph de rester à Bordeaux, ont, dès ce jour-là, arrêté toutes vos affaires, qui ne commencent à marcher que d'aujourd'hui. Si vous êtes encore en état d'être secourus de vaisseaux et d'argent, je vous dis que dom Joseph l'en va

9. Ceftt-à*dire par laquelle on voit que M. Lenet est dans Tespërance. Voyez lei lettres de Mazerolle» et de Lenet données en note à la page 3)6 des Mémoires de Lenet,

so* Dans Toriginal, trouvé^ lans aooord.

a56 LETTRES.

1 65o partir pour voos porter ^^ cent mille ëcus en diligence, et nous partirons d'ici lundi pour Saint-Sébastien, et prendrons les vaisseaux et frégates, et vous porterons le reste de ce qui est dû par le traité, et quelque chose de plus, le tout porté par M* de Bateville. Que si l'arrivée du Roi vous a déjà rendu ce se«cours inutile^ ne vous en prenez qu à vous-même, ou à ceux qui ont cru que la présence d^un ministre ne les laisseroit pas en liberté faire les choses à leur fantaisie, ni exercer à leur mode les beUes charges dont les titres sont seulement ridicules. Voilà FeOet d'un petit intérêt particulier, dont je ne me mettrois guère en peine, si vous n'étiez peut-être^ à Theure que je parle, en état d'en être aux dernières extrémités. Que si votre bonne fortune fait tant que vous ayez pu vous maintenir dans ce fâcheux incident, je crois qu'ensuite toutes choses iront à souhait; mais, encore une fois, je vous dis que Ton vous a fait un nmuvais tour ; car pourquoi faire sonner le mot de changer un traité, où, sur le moindre ordre que vous m'eussiez envoyé, ou à M. de Baas, toutes choses eussent été faites, et sans perdre le temps, et sans donner soupçon aux Espagnols de peu de foi et de quelque légèreté ? Tout cela ne sera rien, pourvu que vous n'en ayez point pâti jusques à cette heure : c'est ce que je souhaite le plus au monde, et que toutes chosefl vous succèdent aussi heureusement que vous le méritez. Les Catalans sont révoltés contre les François^*; la nouvelle en vient d'arriver, et ils en ont déjà fait grand massacre : les troupes et le pays sont contre eux, ainsi ils sont tous perdus. De plus, l'on a vu, il y a plus de douze jours, l'escadre qui doit aller à Boardeaux, aux côtes de Catalogue, qui s'en va gagner le détroit. Ainsi je pense que les vaisseaux seront i Bourdeaux aussitôt que nous ; et, quand cela larderoit da* vantage, nous irons toujours, plus forts qu'il ne Caut pour être, en attendant, mattres absolus de la rivière. Faites donc tous vos efforts pour vous maintenir, et, à cette arrivée du Boi^ gardez-vous des trahisons, et croyez sur ma parole que vous ne vous sauriez passer du baron de Bateville, ni pour riotérêi général, ni pour le vôtre particulier, et pour celui de M. de

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