UVRE DOUZIÈME
Le courage du chef des Natchez avait exalté la fureur des Illinois. Us s'écriaient , pleins de rage : « Si nous n'avons pu « tirer un mugissement de ce vieux buffle, voici un jeune « cerf qui nous dédommagera de nos peines. » Femmes, enfants , sachems , tous s'empressent au nouveau sacrifice : le génie des vengeances sourit aux tourments et aux larmes qu'il prépare.
Sur une habitation américaine que gouverne un maître hu^ main et généreux , de nombreux esclaves s'empressent à recueillir la cerise du café : les enfant la précipitent dans des bassins d'une eau pure ; les jeunes Africaines l'agitent avec un râteau pour détacher la pulpe vermeille du noyau, précieux, ou étendent sur des claies la récolte opulente. Cependant le maître se promène sous des orangers , promettant des amours et du repos à ses esclaves , qui font retentir l'air des chansons de leur pays : ainsi les Illinois s'empressent, sous les regards d'Athaënsic, à recueillir une nouvelle moisson de douleurs. En peu de temps l'ouvrage se consomme , et le frère d'Amélie , dépouillé par les sacrificateurs , est attaché au pilier du «acrifice.
Au moment où le flambeau abaissait sa chevelure de feu pour la répandre sur les écorces, des tourbillons de fumée s'élèvent des cabanes voisines : parmi des clameurs confuses