‹ ŒuvresChapitre 29 sur 31 · SI · texte numérisé non relu

SI

Note 1, page 241.

Voici la description que le père Babin fait du temple de Minerve :

« Ce temple, qui parait de fort loin , et qni est l'édifice d'Athènes « le plus élevé au milieu de la citadelle , est un chef d'oeuvre des plus « excellents architectes de l'antiquité. Il est long d'environ cent vingt « pieds, et large de cinquante. On y voit trois rangs de voûtes, soute- « nues de fort hautes colonnes de marbre, savoir, la nef et les deux a ailes : en quoi il surpasse Sainte-Sophie , bâtie à Constantinople « par l'empereur Justinien , quoique d'ailleurs ce soit un miracle du a monde. Mais j'ai pris garde que ses murailles par dedans sont sente lement encroûtées , et couvertes de grandes pièces de marbre qui « sont tombées en quelques endroits des galeries d'en haut , où l'on « voit des briques et des pierres qui étaient couvertes de marbre.

« Mais quoique ce temple d'Athènes soit si magnifique pour sa « matière, il est encore plus admirable pour sa façon, et pour l'artifice « qu'on y remarque : Materiam superabat optis. Entre toutes les « voûtes , qui sont de marbre , il y en a une qui est la plus remarquate ble , à cause qu'elle est tout ornée d'autant de belles figures gra- « vées sur le marbre qu'elle en peut contenir.

« Le vestibule est long de la largeur du temple, et large d'environ « quatorze pieds, au dessous duquel il y a une longue voûte plate n qui semble être un riche plancher ou un magnifique lambris ; car on « y voit de longues pièces de marbre, qui semblent de longues etgros- « ses poutres, qui soutiennent d'autres grandes pièces de môme man tière, ornées de diverses figures et de personnages avec un artifice « merveilleux.

« Le frontispice du temple, qui est fort élevé au-dessus de ce vesn tibule, est tel que j'ai peine à croire qu'il y en ait un si magnifique '< et si bien travaillé dans toute la France. Les figures et statues du « château de Richelieu , qui est le chef-d'œuvre des ouvriers de ce M temps, n'ont rien qui approche de ces belles et grandes figures « d'hommes, de femmes et de chevaux, qui paraissent environ

370 NOTBS.

« aa nombre de treote à ce frontispice y et autant à l'autre côté du « temple, denière le lieu où était le grand autel du temps des chré- « tiens.

« Le long du temple, il y a une allée ou galerie de chaque côté , « où l'on passe entre les murailles du temple , et dix-sept fort hautes « et fort grosses colonnes cannelées qui ne sont pas d'une seule pièce, « mais de diverses grosses pièces de beau marbre blanc , mises les « unes sur les autres. Entre ces beaux piliers, il y a le long de cette « galerie une petite muraille qui laisse entre chaque colonne un lieu « qui serait assez long et assez large pour y faire un autel et une « chapelle , comme on en voit aux côtés et proche des murailles des « grandes églises.

« Ces colonnes servent à soutenir en haut, avec des arca*boutants, « les murailles du temple, et empêchent par dehors qu'elles ne se « démantellent par la pesanteur des voûtes. Les murailles de ce tem- « pie sont embellies en haut, par dehors, d'une belle ceinture de « pierres de marbre, travaillées en perfection , sur lesquelles sont re- « présentés quantité de triomphes; de sorte qu'on y voit en demi- « relief une infinité d'hommes, de femmes, d'enfants, de chevaux et « de chariots, représentés sur ces pierres, qui sont si élevées, que « les yeux ont peine à en découvrir toutes les beautés, et à remarquer u toute l'industrie des architectes et des sculpteurs qui les ont faites. n Une de ces grandes pierres a été portée dans la mosquée, derrière la « porte, où l'on voit avec admiration quantité de personnages qui y « sont représentés avec ua artifice nonpareB.

« Toutes les beautés de ce temple» que je viens de décrire, sont n des ouvrages des anciens Grecs païens. Les Alhéaiens, ayant em- « brassé le cliristianisme» changèrent ce temple de Minerve en une <c église du vrai Dieu , et y ajoutèrent un trône épiscopal et une chaire « de prédicateur, qui y restent encore, des autels qui ont été renvei"- « ses par les Turcs , qui n'offrent point de sacrifice dans leurs mos- « quées. L'endroit du grand autel est encore plus blanc que le reste « de la muraille : les degrés pour y monter sont entiers et magui- « (iques. »

Cette description naive du Parthénon, à peu près tel qu'il était du temps de Péridès , ne vaut-elle pas bien les descriptions plus savantes que l'on a faites des ruines de ce beau temple ?

Cette citation était insérée dans la note des deux premières éditions.

WCrtES. 371

Note 2, page 288.

Cette citation faisait partie du texte dans les deux premières éditions.

« Cependant les capitaines et lieutenants da ro;y de Perse Darias « ayant mis une grosse puissance ensemble, faltendoient au passage « delà rivière deGranique. Si estoit nécessaire de combattre là comme « à la barrière de l*Asïe , pour en gaigner rentrée ; mais la plupart » des capitaines de son conseil craignoientla profondeur de ceste ri- « viere, et la hauteur de l'autre ri?e, qui estoit roîde et droite, et si « ne la pouvoft-on gargner ny y monter sans combattre : et y en avoit « qui disoient qu*il falioit prendre garde à l'observance ancienne des « mois , pour ce que tes roys de Macédoine n'avoient jamais accous- « lumé de mettre leur armée aux champs le mois de j uing ; à quoy <c Alexandre leur respondit qu'il y remedieroit bien , commandant « que l'on i'appellast le second mai. Davantage Parmenion estoit d'à- « vis que pour le premier jour il ne falioit rien hasarder, à cause qu*il M estoit desjà tard ; à quoy il luy respondit que « THeliespont rougiroit «■ de lionte si luy craignoit de passer une rivière, veu qu'il venoit de « passer un bras de mer ; » et en disant cela , il entra luy mesme de- « dans la nviere avec treize compagnies de gens de cheyal, et marcha « la teste baissée à rencontre d'une infinité de traicts que les enne- « mis !ni tirèrent, montant contre-mont d'autre rive, qui estoit cou- « pée et droite , et, quipis est, toute couverte d'armes, de chevaux « et d'ennemis qui l'attendoient en bataille rangée , poulsant les siens « à travers le fil de 1*ean, qui restoit profonde, et qui cou roft si roide, « qu'elle les enmienoit presque aval, tellement que l'onestimoit qu'il H y eust plus de fureur en sa conduite que de bon sens ny de conseil. « Ce nonobstant il s'obstina àTOuloir passer à toute force , et feit tant « qu'à la fin il gaigna l'autre rive à grande peine et grandes difficultés , « mesmement pource que la terre y glissoit à cause de la fange qu'il y «avoit. Passé qu'il fust, il fallut aussi tost combattre pesle mesle « d*homme à homme, pour ce que les ennemis chargèrent inconti- « nent les premiers passez, avant qu'ils eussent loisir de se ranger « en bataille, et leur coururent sus avec grands cris , tenant leurs che- « vaux bien joints et serrez l'un contre l'autre, et combattirent à coups « de javelines premièrement, et puis à coups d'espée, après que les « javelines furent brisées. Si se ruèrent plusieurs ensemble tout à « coup sur luy, pour ce qu'il estoit facile à remarquer nt cognoistre

372 ROTBS.

« entre tous les autres à son escu , et à la queue (|ui pendoit de son « armet, à Tentour de laquelle il y avoit de costé et d'autre un pen- « nache grand et blanc à merveille. Si fut alteinct d*un coup de ja- » yelot au default de la cuirasse , mais le coup ne percea point ; et « comme Roesaces et Spithridates, deux des principaux capitaines « persans, s'adressassent ensemble à luy, il se destourna de Tun, et « picquant droit à Roesaces, qui estoit bien armé d'une bonne cui- « rasse, luy donna un si grand coup de javeline, qu'elle se rompit « en sa main, et meit aussi tost la main à Tespée; mais ainsi comme " ils estoient accouplez ensemble , Spithridates s'apprpchant de lui M en flanc , se souleva sur son cheval , et luy ramena de toute sa « puissance un si grand coup de hache barbaresque , qu'il couppa la « creste de Tarraet, avec un des costez du pennache, et y feit une « telle faulsée, que le tranchant de la hache pénétra jusques aux che- « veux : et ainsi comme il en vouloit encore donner un autre , le « grand Clitus le prévint, qui lui passa une parthisane de part en part « à travers le corps , et à l'instant mesme tomba aussi Roesaces, mort a en terre d'un coup d'esiiée que lui donna Alexandre. Or, pendant « que la gendarmerie combattoit en tel effort , le bataillon des gens « de pied macédoniens passa la rivière, et commencèrent les deux » batailles à marcher l'une contre l'autre : mais celle des Perses ne tt sousteint point courageusement ny longuement , ains se tourna in- <( continent en fuite, exceptez les Grecs quiestoyent à la soude du « roy de Perse, lesquelz se retirèrent ensemble dessus une motte, et << demandèrent que l'on les prist à mercy. «Mais Alexandre donnant « le premier dedans, plus par cholere que de sain jugement, y per- '( dit son cheval, qui luy fut tué sous luy d'un coup d'espée à travers «( les flancs. Cen'estoit pasBucéphal , ains un autre; mais tous ceulx (t qui furent eu celle journée tuez ou blecez des siens le furent en cest a endroit-là, pource qu'il s'opiniastra à combattre obstineement ccn> K tre hommes aggueriz et désespérez. L'on dit qu'en ceste première « bataille il mourut du costé des Barbares vingt mille hommes de «« pied , et deux mille cinq cents de cheval : du costé d'Alexandre , '( Aristobolus escrit qull y en eut de morts trente et quatre en tout , n dont douze estoyent gens de pied , à tous lesquelz Alexandre voulut, n pour honorer leur mémoire, que l'on dressast des images de bronze « faites de la main de Lysyppus : et voulant faire part de ceste vie- « toireaux Grecs, il envoya aux Athéniens particulièrement trois « cents boucliers de ceulx qui furent gaignez en la bataille , et gene- « ralement sur toutes les autres despouilles ; et sur tout le butin feit

(lOTBS. 373

« mettre cestc très honorable inscription : Al6\aiiâre , fils de Philip- « pus f et les Grecs, exceptez les Lacedemoniens, ont conquis' ce butin « sur les barbares habitants en Asie. »

Note 3^ page 295.

Page 1