GIROLAMO MORLINI
(xvi^ siècle)
Ainsi que la plupart des g^randes villes italiennes où s'épanouît le goùtdes histoires galantes et des nouvelles tragiques, Naples eut ses conteurs. Elle ne paraît point s'en être enorgueillie, car, des trois écrivains qui s'exercèrent aisément dans ce genre, sur son territoire, au xvie et au xviis siècle, l'un fut honni et méprisé et les autres ne hantèrent pas le souvenir des hommes. Ils eurent tous trois une source d'inspiration peu commune et poursuivirent des buts distincts, ce qui ne les empêcha pas d'être confondus dans un même oubli. L'un, Antonio Mariconda, écrivit en trois journées les Fables d'Afjanippe (i); le second, Gio-Baltista Basile, publia, en 1674, sous ce titre : // Penlamerone (2), un recueil de contes très bizarres; enfin le troisième, Girolamo Morlini (3), de scandaleuse mémoire, docteur en droit civil et en droit ecclésiastique, composa en latin, sous le règne de Ferdinand d'Aragon, un ouvrage curieux contenant quatre-vingt-une nouvelles, vingt fables et une comédie (4). Selon le comte Borromeo et
(i) Tre giornata délie Favole delC Aganippe, Napoli, i55o, in-4. C'est uu livre fort médiocre.
(2) // Vaniamerone, overo lo ciinto de li cun/e. Napoli, 1674, in-ia. Il existe, selon Brunet, des réimpressions de cet ouvrage : Itoma, 1679, et Napoli, 1728, in-12.
(3) Morlini ou Morlino. Les biographes italiens ne s'accordent pas sur ce nom. Le comte Borromeo écrit tantôt INIorlini, tantôt Morlino; Gamba écrit Rlorlini.
(4) Morlini novellae, etc. (Napoli in œdibus Joan Paxqnel de
d'autres commentateurs, ce dernier ouvrage, qui parut avec privilèg-e de l'Empereur et du Pape, fut condamné et livré au feu peu de temps après son apparition (i). Devenus rares, les exemplaires de cette édition n'en furent que plus recherchés et atteignirent par la suite des prix fabuleux (2). Morlini n'était pas homme à s'afflig-er du bruit fait autour de son œuvre ; bien au contraire, il promit, dit-on, un second tirage, lequel devait être dédié aux Muses et augmenté de neuf récits nouveaux (3). Cette seconde édition ne parut point, soit que
Sallo, MDXX die VllI april), in-4. Les nouvelles contenues dans ce volume sont au nombre de 81 au lieu de 80, le chifTre 72 se trouvant répété à 3 nouvelles. C'est une édition très fautive; sous le titre d'Errores, l'auteur a bien corrigé une centaine de fautes typographiques, mais il a laissé subsister de telles incorrections de style que son latin y est souvent inintelligible. Les fables qui suivent sont empruntées des anciens et par cela peu curieuses. Quant à la comédie, selon M. Corpet, elle est loin d'ctre ce que l'on a cru longtemps, une de ces plates productions de l'art dramatique du xvi' siècle. C'est une pièce de circonstance, sorte de satire dialoguée, composée à l'occasion de l'expédition malheureuse de Louis XII en Italie. L'auteur prend parti contre le roi de France et se rit de nos défaites.
(i) Guillaume-François de Bure, dans sa Bibliographie instractive {Belles-Lettres. II), a donné une description raisonnée de cet ouvrage. On y lit, entre autres choses, ce qui suit : « Ouvrage d'une rareté si extraordinaire, et dont les Curieux font tant de cas que les exemplaires en sont portés à un prix considérable dans le commerce... Les obscénités qui y régnent et qui sont marquées
au coin du génie de l'Aretin, ont fait dire à plusieurs personnes, qu'il fallait que l'avocat Napolitain, auteur de ce livre, eût été certainement, ou le Maître, ouïe compagnon de ce satyrique orduricr. Ce qu'il y a de plus sincrnlier, c'est que ce volume ait été mis au jour dans le sein, pour ainsi dire, de l'Inquisition, et répandu dans le Public, muni d'un Privilège authentique, accordé pour dix ans par i'iLMPEREUR et par le Pape. Il y a cependant tout lieu de croire que ce privilège ne fut obtenu que par fraude; et la rareté des exemplaires donne lieu de présumer que la suppression en fut ordonnée, dès que le Ministère fut instruit de l'existence de ce Livre. .. »
(2) Vendu : i.iai francs ; vent'' Cii^iiat; 901 francs : vente de Boissel ; 800 francs : La Vallièrc ; 830 francs : Crevcana ; 800 francs : de Buze; i.o5o francs, Libri (Cf. Bhunei).
(3) « Borrouieo, écrit en substance le préfacier de la réimpression de i855, possédait le manuscrit ou plutôt une copie dudit préparé pour la réimpression. L'auteur prétendait avoir rectifié en errata (ce qui n'est pas), les nombreuses erreurs grammaticales dont four-
GIROI.AMO MOni.INl
l'auteur disparût soudain ou bien éprouvât des persécutions, soit pour toute autre cause que nous ignorons comme sa vie même.
Il ce subsiste de notre conteur que le lémoigoage d'une observation aiguë, des propos amers et cyniques, documents, po;u' rappeler son esprit, sans rien révéler de ses mœurs. Pondant longtemps, le silence s'est fait sur son livre ; il se serait peut-être perpétué jusqu'à nos jours si un bibliophile du xvm« siècle, mieux intentionné que compétent, le sieur Caron, figurant au Vaudeville (i), n'avait pris soin de le réimprimer (2). Encore que mal reproduit, laissant place aux fautes typographiques et à des erreurs provenant surtout du zèle peu éclairé qu'avait eu le nouvel éditeur à corriger les abréviations observées dans le texte original, cette nouvelle version jeta quelque éclat sur l'auteur napolitain. Borromeo annonça par la suite un texte meilleur et plus complet, qu'il eût sans doute mis dans le public, s'il ne s'était aperçu à, temps que neuf nouvelles inédites dont il voulait l'enrichir, étaient l'œuvre d'un adroit pasticheur. Ce fut d'ailleurs un nouveau motif d'agitation qui profita à la mémoire de Morlini. Borromeo avait publié dans sa Nolizia de Novellieri
mille l'édition originale, et après l'exposé des motifs de réimpression terminait par un quatrain contre un de ses détracteurs :
AUGTOR DENUO DE LODEM Qaid modo quidam ciel quuin libram hune vidcrit auclum?
Invidia a rabie garriet ille mar/is.
Verbera pro verbis, pro linrjua ligna inerebit, Et f unis finis çjutluris ejus crit. »
Voici, selon un texte fourni par le même préfacier, la traduction de ces vers :
Que va dire à présent un tel lorsqu'il verra Notre livre au,:^menti;? La rai;c lui fera Dt'l)iter, avec fiel, ((uoliiue lon;;ue harangue. Mais des coups d<; bâton paîroul ses coups de langue lin attendant qu'un lacs y mclte le holà, (i) C'est ce même Carou qui se suicida en 180O, à l'âj^e de ijuarante-lrois ans (Cf. Guarles Nodjer : Mélanges tirés d'une petite bibliothèque .) (a) Opus Morlini, elc , etc., Paris iis, MDCCIC, io-8.
34^ ŒUVRES GALANTES DES CONTtUaS ITALEINS
italiani de 1794, un de ces contes qu'il tenait d'un manuscrit en sa possession (,). Gamba se récria; peu à peu la vérMé se fit jour. On sait aujourd'hui que les neuf coules inédits avaient été composés par l'abbé Daniel Francesconi, biblio- Ibecaire a Padoue, lequel s'était amusé à mystifier Borromeo (2). Peu de temps après,un littérateur connu honorablement par des travaux d'un genre. spécial, Simon de Troves anoen bibliothécaire du Tribunat, traduisit les nouvelles en français. A son tour, il s'apprêtait à en donner une version oeaniUve. L ouvrage était prêt pour Timpression; rien n'v manquau, sauf la pureté du texte original et l'intégralité de la traduction, quand il mourut, le 4 avril 18.8. Le manuscrit circula; en ,853. il fut mis en vente et acquis, au priv de iio francs, pour la bibliothèque de Troyes (3).
Personne ne songeait sans doute à l'utiliser," pas plus à deg-ag-er Morlini de toute compromission, quand, en i855 une nouvelle édition parut dans la Bibliothèque . eizévirienne grâce aux soins d'un savant philologue, M. E.-F. Corpct. C'est
^.y^J^J'^^deni. Novellarum opus auctum ad narneram Lrrxx Mt Nous Ignorons ce que devint ce n.anuscrit ^-^-^^ï^.
(2 belon le comte d'I"* et Pliilomnes(p Timinn „r, .
^en ayant obtenuune copie de ces ?.ÏS':erS>"-^^^^^^ men une impression . très petit nombre, qui servit de suppfén ea^à ledilion de iMorliai donnée par Jannel en ^V,/. ^<^vv'^ . 1 Afœ-lin. noaeilas, M p. in-18)' Les ermpTàire's^ln-lt ntTrffon rares, car nous n'avons pu nous en procurer aucun Phln^nlc junior a donné les titres de ces contes en les fa^.„?f" c '"'°""«^'e
xviuesicde. ' ^''''' 'i"' d«^s pastiches anonymes du
GinOLAMO MÛUUNI
sur cette édition, déjà presque rare, que viendront se documenter les iimateurs d'ancienne littérature italienne. Elle réalise, croyons-nous, un vœu que l'on était en droit d'exprimer.
Les éditeurs se sont appliqués à serrer le plus étroitement possible l'impression originale, ne la modifiant, avec scrupule et prudence, que dans ses erreurs et ses abréviations typographiques. Son texte est accompagné de notes précieuses qui en éclairent le sens, quand elles ne renseignent pas sur la conception de Morlini et sur son temps.
Si le style du docteur napolitain est parfois pénible en raison de l'amalgame de termes inusités qu'il emploie, d'expressions forgées à loisir et d'archaïsmes, de mots grecs ou latins italianisés, de phrases empruntées aux poètes, la trame du récit offre, par contre, une matière originale. Ce sont, tantôt des traditions qu'il fait revivre ou qu'il exploite, des menus faits qu'il expose, tantôt des anecdotes qu'il vivifie, des observations humaines qu'il consigne. A son esprit, car il est parfois spirituel, quoique grossier et trivial, se mêle une expérience amère qui le rend attachant et utile. Il a dépouillé beaucoup de textes, et, s'il ne leur a emprunté l'élégance de l'élocution, il en a retenu une leçon heureuse qu'il applique aux événements qu'il déroule sous nos yeux. C'est un anecdotier fort averti et que rien ne laisse indifférent. On lui a parfois reproché des faiblesses et des haines, ainsi qu'une sorte de pcdantisme où se confondent ses lectures et sa vision caustique. Comment ne point l'en excuser, lui qui synthétise la vie et assnisonne ses réflexions de propos entendus et de faits notoires. Le voici en conflit avec les moines et les femmes. Fut-il trompé par les uns et joué par les autres ? C'est à le croire, car il ne tarit point sur le compte des prêtres luxurieux, gourmands et hypocrites, des femmes perverties et lubriques. Il prend parfois pour les peindre des mots dont la naïveté ne parvient pas à excuser la hardiesse. Il n'est telle partie du corps qu'il ne désigne par son nom propre — quand il ne lui applique point des images obscènes — telles fonctions
oG ŒUVRES CALAMES DES CONTEUUS ITAl.ItCNS
intimes sur lesquels il ne glose avec complaisance. Il n'épargne rien à nos oreilles el ignore la pudeur des yeux. Lisez la nouvelle trente-sixième : « D'un moine rjiii se maria et abandonna sa femme »; celles qui ont trait, à celte « nonne qui trompa un duc son amant » (i), ou bien à « l'abbesse qui, en admonestant ses religieuses, avait des braies sur la iêtey> {2) ; lisez l'anecdote « d'un moine qui, voulant besogner une femme, fut pris en flagrant délit » (3) ; puis le récit d'un (( joueur defûle qui vit un prêtre caressant son épouse »(/|), et vous serez édifié sur les racontars de Morlini, ainsi que sur la moralité de ses appréciations. Mais ce n'est point uniquement dans le domaine de l'érotisme qu'il excelle ; sa verve ne tarit guère sur les moindres incidents de la vie napolitaine. Témoin cette facétie « des seigneurs de la suite du roi Ferdinand qui se déguisèrent en diables pour manger des figues ti (5) et les plaisantes aventures du bouffon Gonella (6).
L'une de ces dernières est particulièrement curieuse, parce qu'elle fait allusion aux sarcasmes populaires qui accueillirent l'invenlion de l'imprimerie.
« Il y avait, dans la ville de Ferrare, un bouffon nommé « Gonella, très estimé de la déesse Vilula, etc.
(c Sachant que les Napolitains excellaient dans les sciences « et qu'ils se faisaient remarquer dans le monde entier par la
(i) Nouvelle soixante-dcuxicme. La moralité en est singulièrement iaslruclivc : «... C'est depuis ce temps que les nobles Milanais firent mettre à leur femme une sorte de petit caleçon d'or et d'argent, qui s'attache à une ceinture au-dessus des hanches, et n'a, entre les jambes, que l'ouverture uéccssEire au passage des évacualions. Munis de la clef de cette ceinture, les jaloux se croient à l'abr de tout accident ridicule. »
(a) Nouvelle quarantième. La Fontaine a traité le même sujet d'après Hoccacio, dans le conte le Psautier.
(3) Nouvelle soixantc-quairième.
(/i) Nouvelle soixante-sixième. Le même sujet, sauf variante, a tté traité par Masuccio. Voyez le Pape dans Home, publié dans la première série de nos Couleurs.
(5) Nouvelle soixante-douzième.
(G; Nouvelle cinquantiènif : « Du bouffon Gonella qui voulut éprouver l'eiprif des Napolitains. »
GIUOLAMO MûnUNI 87
« finesse el la vivacité de leur esprit, il voulut les connnîiro « et se rendit dans leur ville. A son arrivée, il rencontra des « campagnardes qui mangeaient des poireaux. Ayant remar- « que l'une d'elles qui pliait les feuilles en forme de lettres, «. avant de les avaler, il lui demanda plaisamment: — Bonne a femme, à qui envoyez-vous ces lettres? — A mon cul, «afin quil en imprime les caractères! » répondit-elle. Gonella, houteux, poursuivit son chemin sans répliquer. »
Ailleurs, il fait allusion au.x pratiques superstitieuses de son temps, accueille ironiquement des histoires de démons; de même, il raille agréablement l'orgueil des grands, sans épargner la présomption ridicule des humbles. Son recueil est précieux, quelque imitation des anciens qu'il y ait ajiporlée et l'on comprend que des écrivains habiles et notoires, tels : Bandello, Jean de La Fontaine, d'autres encore, lui aient fait de larges emprunts. Cette habitude littéraire de prendre son bien partout où on le trouve était, d'ailleurs, si répandue au xvi^ siècle qu'on ne s'étonne point qu'il ait été pillé sans scrupule; nous ne la dénoncerions pas si les imitateurs avaient surpassé leur modèle, ce qui n'est pas le cas pour l'un d'eux, Giovanfrancesco Straparola, lequel lira à son profit vingtdeux sujets de contes, qui lui servirent à composer en partie les pages moroses de ses Pcaceuoii noiti [Facétieuses nuits) (i).
(i) Voici, d'après les éditions des Piaccvoli Notli de i55i, i554 et i557 (V^uetia. Comin da Trino, in-S»), la correspondance des récits de Straparola et de Morhni. Ponr le texte de ce dernier, nous avons adopté l'édition de Paris, Januet, i855.
MORLINI STRAPAROLA
Nouvelle V. — Du souverain XW^ nuit. Fable 5. — N. ..,
Pontife Sixte, qui d'un naotenri- avec une seule parole, fil riche cliit son serviteur Girolamo. son serviteur nommé Girolamo.
Nouvelle VI. — D'un Aile- XIII' nuit. Fabla 3. — (Ju
mand et d'un Espagnol mangeant Allemand et un Espagnol manensemble. gcaient ensemble. 11 naquit entre
eiix i:nc ([UTelle pour savoii- (]ui était plus libéral, et il fut lina-
ŒUVKES G/VLANTF.S DES CONTEURS ITALIENS
Morliol s-cn fût d'ailleurs peu soucié; il n'eût peut-être vu là qu'un témoigaage d'admiration flattant son sème, sans
Nouvelle VI. - (Suite).
Nouvelle VIT. — De feu l'illustre Hector Carrafa.
Nouvelle XIII. - D'un Espagnol qui dupa un paysan et un
Nouvelle XX. — Un savetier tue un voleur qui allait traîtreusement l'assassiner.
Nouvelle XXI. —Du domestique d'un épicier qui tua son maître .
Nouvelle XXII. — D'un hermaphrodite.
Nouvelle XXVI.— D'un mari jaloux qui fut trompé par sa femme .
Nouvelle XXVII. — Des fils qui, après la mort de leur père, ne voulurent pas exécuter ses dernières volontés.
Nouvelle XXIX. - D une mère qui envoya son fainéant de fais chercher le bonjour.
Nouvelle XXX. — D'un fou qui reçut les faveurs d'une jolie femme et en fut récompense par le mari. ^,
Nouvelle XXXII. — D un grand médecin et d'un petit medecio.
lement conclu que l'Allemand était plus riche que l'Espaçnol.
XI'' nuit. Fable 4. — Un bouffon trompe un gi ntilhomme et est mis en prison. Au moyen d'une autre plaisanterie, il est d.'livré de la prison.
XllI^nuil. Fable 2. — Diego, Espagnol, achète grande quantité de poules d'un vilain et devant les payer, trompe le vilam et un carme.
XIII" nuit. Fable 5. — Vi 10 Brigatello tue un voleur qui lui tend un piège.
XIW nuit. Fablr 4. — Fortunio, serviteur, voulant tuer une mouche, tue son p.itron et est acquitté de l'homicide.
XIII^ nuit. Fable 9. — Filomene, jeune fille gravement malade, est visitée par beaucoup de docteurs et finalement est reconnue hermaphrodite.
XWnuit. Fable i. — Flono, jaloux de sa femme, est malignement trompé pnr elle et, guéri de cette granule infirmité, vit heureusement avec elle. ^ XIl' nuit. Fable 4- — De quelques enfants qui ne voulurent pas exécuter les volontés de leur
^ aW nuit. FableÔ. -- Lucietta, mère de Lucdio, fils lainéantet depeu.l'envoie chercher le bonjour. 11 le trouve et revient avec le quart d'un trésor.
XII' nuit. Fable :>. — Un fol qui reçut les faveurs d'une femme agréable et très belle, en fut finalement récompense par le mari.
VIII' nuit. Fable 6. — De deux médecins dont l'un ttait très réputé et très riche, mais