‹ Œuvres galantes des conteurs italiensChapitre 4 sur 10 · GIROLAMO MORLINI · texte numérisé non relu

GIROLAMO MORLINI

atteindre son goût d'indépendance. Ses préoccupations littéraires, s'il faut l'en croire, n'ctaient guère spéculatives.

Nouvelle XXXII. — (Suite.)

Nouvelle A'.VA'IY. — D'un moine qui se maria.

Nouvelle XL VII. — D'un marchand 2;'''nois qui, voulant vendre du vin mélangé d'eau, perdit son argent.

Nouvelle LI. — D'un prodigue qui trouva un trésor et devint avare.

Nouvelle LIV. — D'un Sirentin enclin à la gourmandise qui dépucela inespérément une jeune fille.

Nouvelle LIX. — D'un paysan qui, ayant fait construire une chapelle, en désigna le chapelain.

Nouvelle LXI. — D'un prêtre qui conjura un mauvais sujet qui mauçeait des fiijues.

Nouvelle LXVIll. — D'un juriste qui avait liédes sentences avec un fil.

Nouvelle iXX/.— D'unPouzzolan qui entendait le langage des animaux.

Nouvelle LXXIV. — D'un

de peu de science, et l'autre savant, mais très pauvre.

XI'^ nuit. Fable 5. — Frère nigoccio s'amourache de Glycèrc et, vêtu frauduleusement en laïc, la prend pour femme; puis, l'ayant l'engrossée, l'abandonne et retourne au monastère.

VIll" nuit. Fable 4. — Bernard, marchand génois, vend son vin mélangé d'eau, et par volonté divine, perd la moitié de son argent.

XIIl" nuit. Fable i3. — Pietro Rizzato, homme prodigue, devient pauvre et, ayant trouvé un trésor, devient avare.

XIII' nuit. Fable ii. — Un pauvre fraticelle part de Cologne pour aller à Ferrare et, surpris par la nuit, se réfugie dans une maison où il lui arrive un cas singulier.

XIII' nuit. Fable 8. — Gasparo, paysan, ayant fait construire une chapelle l'appelle saint Honoré et lui donne un recteur; celui-ci, avec le diacre, va visiter le vilain, et le diacre fait une sottise inconsidérément.

VI' nuit. Fable 5. — Zefîro conjure un drôle qui, dans son jardin, mangeait des figues.

XIII" nuit. Fable lo. — César, napolitain, ayant lonc^temps étudié à Bologne, prend le grade de docteur et, retourné chez soi, enfile les sentences pour mieux juçer.

XI I^ nuit. Fable 3. — Frédéric de Pouzzoles, qui comprenait le langage des animaux, forcé par sa femme de dire ua secret, la bat étrangement.

XIII' nuit. Fable j. — Geor-

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N'a-t-il point écrit en substance, dans sa préface au lecteur : « Quoique réduit à un état voisin de la misère, aveu qui me coûte plus de chagrin que de honte, j'ai toujours désiré davantage la gloire de la pauvreté que la considération des richesses. ..Pénétré de ceci, moi, Girolamo INIorlini^ napolitain docteurenl'un et l'autre droit, pour ne point me laisser aveulir par l'oisiveté, j'ai employé le temps que m'a laissé l'étude du droit canon et du droit romain à composer ces nouvelles et ces fables, qui ne seront pas moins agréables qu'utiles. Je les ai moi-même façonnées sur le métier littéraire, et l'on n'y recueillera pas moins de fleurs que de fruits, de paille que de grain... »

BIBLIOGRAPHIE

Les Sources : Anton-MakiaBobomero : Notizia de' Novellieri italiani, elc , con alcune novelle inédite, Bassano, 1794. in-8° (voir aussi la a» éd. corrigée de cet ouvrage: Catalogo de Novellieri, etc., Bassano, tip. Renioudiniana. i8o5, in-S». — J.-C. BnuxET : j/a/juei da Libraire, Paris, Firmin Didot, 1862, III, in-S**" — Guill.-Fr. de Bore : Bibliographie instructive ou Traité de la connaissance des livres, etc., Paris, G. Fr. de Bure le jeune, Belles-Lettres, t. II, pp. 90-93, in-S". — F.-I. (Foisset; : Notice. Biographie Univers, de Michaud, Paris, Desplaces, s. d.. tome XXIX, in-4°. — Bart. Gamba: Bibliografîa délie novelle itaiiane in prosa, etc., sec. ediz., Firenze, Tip. ail' insejcna di Dante, i835, in-8". — P.-L.Gin- GUEKÉ : Histoire littéraire d'Italie, sec. éd., Paris. Michaud, i8y/j, Vni,pp. 437, 439 et 4^4, in-8». — Comte d'I... : Bibliographie des ouvrages relatifs à l'amour, aux femmes, au mariage, etc., Paris' J. Gaj', 1864, iii-8'', et 3° édition, Paris, Lernoanyer, 1894, tome III, ia-8°. — Notice sur les écrivains erotiques du xV et da comimn-

domestique qui passa un contrat gio, serviteur, fait ua contrat avec son maître. avec Randolfo, son patron, sur

son service, et finalement mène son palron en justice.

Nouvelle LXXVII. —D'un XIII' nuit. Fable i. —Maître

médecin qui soignait les fous. Gasparino, médecin, avec son

expérience soignait les fous.

Nouvelle LXXX. — De trois VII' nuit. Fable 5. — Troi-S

frères qui s'enrichirent en par- fièn s pauvres allant par le courant le monde. monde devinrent très riches.

GinOLAMO MOI\I,INI ê^l

ementc du xvi* siècle, Bruxelles, Mertens et fils, i865, petit in-ia. — GiAMB. Passano : / novellieri italiani in prosa, etc., sec. ediz., Torino, Paravia et C", 1878, I, ia-8<>. — Philomneste Juniok : Sept petites nouvelles de Pierre Aretin, clc, précédées d'une élude sur l'auteur et sur divers conteurs italiens, Paris, J. Gay, 1861, petit in-12. — GiuseppeRoa: Intorno aile « Piacevoli notti^^ dello Slraparola, Giornale Slorico dclla lettcratura italiano (Torino), 1890, lomes XV et XVI. — M. W. : Préface à la traduction française des Contes et Nouvelles de Jérôme Morlini, Naples, Pietro Fiorcalini, 1878, in-8°.

Voir de plus les édilions des Facétieuses Nuits de Straparola, doant'es par la Monnoie et Lainez, Paris, 1726, a vol. etparJannet, Paris, 1857, a vol. ; les Mélanges tirés d'une petite bibliotlùque, par Charles Nodier; le Dictionnaire des livres condamnés au feu, de Peigûot ; enfin, la préface de la dernière édition de Morlini, Paris, Jannet, 1855, in-16.

Éditions. — Les récits de Morlini, nous l'avons dit plus haut ont été imprimes trois fois. Savoir :

— Morlini Novellae. Cum (jratia et privilégia Ccsareae maiestatis summi pontijîcis decennio duratura [à la fin du volume]: Neapoli in aedibus Juan. Pasquet de Sallo M. D. XX die VIII april (i5ao), in-Zj». Deux gravures sur bois. (Biblioth. Nationale [Paris]: Réserve. Y*, io36).

— Opas Morllini complectens Novellas. Fabulas et comoediam inlegerrime datum id est Innumeris mendis tum latinœ dictionis, tuni orthograpltiae,etiamçue interpunctionis quibus scaiet in ediiione priori, in hûc posteriori. Non Expurgatum maximâ cura et impensis Petui Simeonis Caron Bibliopiiili, ad suani nec non aniicoruni oblectationein rursus editum Parisiis, MDCClG(i790), iii-8« (Biblioth. Nationale [Paris] : Réserve Z. 46o3). C'est la reproduction intéçraie, quoique très fautive, de l'édition de i520. Elle est accompagnée de notes fantaisistes et bibliographiques et suivie d'une « Table des Nouvelles, de Morlin (s('c),qui se trouvent traduites dans les Nuits Facétieuses de Straparola, de l'édition de 1726, a vol. in-ia. 0

— Hieronymi Morlini parthenopei novellae, jahulae, comcedia cditio tertia emmendata et aucta. Lutetiœ parisiorum, apud P. Jannet, Bibliopolam (Paris, Jannet), i855, petit in-8°. C'est, semble-t-il, une édition définitive. Elle contient, en appendice {appcndix ad Morlini novellas) 19 nouvelles empruntées au manuscrit de Simon de Troyes. La première de ces nouvelles fut publiée dans Notizia de' Novellieri italiani, de Borromeo, Bassano, 1794- L'éditeur informe le lecteur, dans sa préface, qu'il a tenté d'éviter recueil de ses devanciers, en faisant disparaître les abréviations et les fautes typographiques, en établissant une orlhogra[)he plus régulière et une ponctuation meilleure. Il fut aidé dans sa tâche, ajoutet-il, par M. E. -F. Corpet, philologue, lequel composa les notes.

Recueils collectifs. — Peu de nouvelles de Morlini furent insérées dans des recueils collectifs. Seule, au dire de Passano, la nouvelle 80 parut dans Novelle piacevoli, etc., et, séparément.

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SOUS ce litre : De Fratribas, etc. Il semble, ajoute le même bibliographe, que Morlini empruota le sujet desanouvcHe 38*: D'un chat qui saisit avec ses griffes le priape de son ma(7re, ainsi que celui de la 43': D'an aveugle qui eut l'adresse de retrouver l'argent qu'il avait perdu, aux nouvelles i3o et 198, de Franco Sacchetli.

Manuscrit français et traduction. — Ainsi que nous l'avons indiqué au cours de la notice qui précède, la Bibliothèque de la Ville de Troyes possède un manuscrit de Morlini prêt pour l'impression (Ms. s^is). Composé par Simon de Troyes, en 1800, il otYre tout à la fois une copie corrigée, corrompue même, du texte original et une traduction fort infidèle. Aux vingt fables et à la comédie qui terminent l'édition de 1620 et la réimpression de 1790, Simon de Troyes a substitué dix-neuf nouveaux récits, parmi lesquels se trouve un des pastiches dus à l'abbé Francesconi — celui-là même qui fut publié par Borromeo en 1794. Comment notre auteur se procura-t-il ces dix-neuf contes ? Nous l'ignorons, à l'égal de ceux qui les lui attribuèrent. Quoi qu'il en soit, quelque opinion qu'on ait de Simon, les scrupules d'érudit de ce dernier ne le cèdent point à sa fantaisie de traducteur. Rien n'est plus dénaturé, plus indigent que sa transcription française. Il ressentit lui-même le besoin de la défendre, quand il écrivit dans sa préface au lecteur: « La version que nous joignons au texte latin est aussi fidèle que le comporte la nature de l'ouvrage et que l'exigent les égards dus à l'honnêteté publique. Le traducteur a dû sacrifier la propriété des termes aux devoirs que lui prescrivent les convenances. » Il ajoute néanmoins: <c Le lecteur se souviendra que le livre, dont nous publions cette première traduction, est consacré à IMomus et qu'il n'est pas permis de regarder d'un œil sévère des facéties sans conséquence, toutes dévouéesà la gaieté et à l'amusement. »

Voici, pour les curieux et les bibliophiles, la description de ce manuscrit :

— 2 ff. blancs; 2 frontispices (ce sont des gravures duxviii* siècle découpées et collées); l'un d'eux porte ces mots : « Traduction des cent Contes de Jérôme Morlini précédée du texte latin. A Naples, j8oo); Titre et index : « Novellarum hier. Morlini, Nap\ etc. (10 ff. non chiffrées); Epigr., «Ad Lectorem » (VIII ff. chiffres romains); Texte latin des contes (229 pp.). Vient ensuite au début delà seconde partie: i portrait de Simon de Troj'es, gravé par Quenedey, avec ces méchants vers :

« Esculape et Phébus se le sont disputé Le Génie au second donna la préférence. Celui qui de la Fare n la facilité, De Chuulieu doit avoir l'aimable insouciance.

par Regnaclt-Beaucaron, de plusieurs Académies. »

(En tête de la figure, on a collé un autre quatrain dont la platitude ne sera jamais assez excusée par notre silence.) Suivent: deux frontispices (gravures découpées et collées); un

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avis au lecteur, non signé (a pp. ) ; les Contes de Jérôme Morlini traduits da latin (776 pp. numérotées) ; plus une table (5 pp.); le tout terminé par 8 ff. blancs.

Le texte de ce manuscrit, d'une jolie écriture fine et très lisible, tst encadré d'une ornementation typographique.

— Contes et Nouvelles de Jérôme Morlini, traduits en français pour la pr mière fois par M. IV. ,^'apIes, imprimé chez Pietro Fiorenl'ni, 1878, petit in-8 (5oo ex. sur papier de Hollande, numérotés). Trciduclion fort sommaire, faite d'après l'édition de Paris, i855, et, contenant les dix-neuf nouvelles du manuscrit de .Simon de Troyes. L'éditeur, dans son avant-j)roiios, nous fournit quelques indications à retenir sur sa manière de concevoir en fran(;ais l'œuvre du docteur napolitain : « Le conteur italien, écrit-il, n'a pas la frauche sraieté de nos conteurs gaulois; il a cependant une manière à lui d'envisager les choses et de les raconter qui provoque le sourire chez le lecteur, surtout lorsque le récit est débarrassédes broussailles qui, dans le texte latin, nuisent an piquant de l'idée. C'est ce débarras que nur.s avons essayé d'opérer dans cette traduction. Mais» nous sommes forcés d'observer que ce qui domine dans Morlinit c'est une çrossière obscénité. Sur ce point, notre auteur est net et précis, trop précis ; car il s'arrête avec complaisance à des descriptions que le latin peut braver, mais qui blesseraient le goût susceptible des lecteurs modernes... Nous avons fait une large part sous ce rapport à ce que comjjorte un temps et des mœurs si différents de notre temps et de nos mœurs modernes et, pour satisfaire les bibliophiles, nous n'avons absolument rien supprimé des situations ni du fond des anecdotes, mais nous avons du glisser léi;èrement sur des détails écœurants que l'auteur multiplie plus que déraison.»

— Les Nouvelles de Girolamo Morlini, traduites du latin par Fernand Cuussy, Paris, Bibliothèque internationale d'Edition (E. Sansot et C'*), 1904. in-i8 (.'j'jy ex. numérotés). C'est une transcription littorale des plus savoureuses, faite d"aprcs l'édition de j855. Le précédent traducteur avait cru devoir débarrasser le texte latin « des broussailles qui nuisent au piquant de l'idée » et « glisser léj;èrement sur des détails écœurants ». M. Caussy, lui, a pensé que ce procédé était bon pour l'adaptation, non pour la traduction, et que certains détails, lurs(iu'ils sont joliment peints, offrent plus de ragoût que d'écœurement. Son édition est un modèle de goût et justifie assez bien l'opinion qu'il se fait du mérite de son entreprise dans cet avertissement substantiel : « La difficulté ici, outre les corrections philologiques que nécessitait l'édition Corpet, écrit-il, était de rendre le jargon à la fois primitif et complexe de Morlini : primitif par son organisation, complexe par le choix des expressions. Je ne me flatte pas d'avoir donné par mon texte cette impression de barbarie savante : il eût fallu pour cela la langue française du xvi° siècle, et il n'est pas sûr que cette langue ait eu des équivalents verbaux aux termes employés par iMorlini ; il eût fallu surtout cette sensibilité plus animale et musculaire encore que sensuelle, cette intelligence tlexible, mais sans racines foncières, pour tout dire cette nature vivace et fraîche, pas très supérieure, et dans

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laquelle personne aujourd'hui ne saurait ni ne désirerait rétrojçrader. Je me suis contenté d'épouser le sens avec scrupule dans ses moindres replis et de l'exprimer dans ce langage concis et familier qui devrait être celui des plus grandes choses comme des plus simples. »

— Indépendamment d'imiiatioiis nombreuses dont nous ne relèverons pas le servile témo;g;na[ce, on trouve la traduction de la dix-septième nouvelle de Morlini, dans le liibliophilf. fantaisiste, pp. i8/( et suivanlCB (Cf. : D'an garçon boulanger qui jouit de sa bourgeoise].

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