XXIV NOTICE SUR ALAIN-RENE LESAGE ET SES OEUVRES
l'histoire véritable d'un aventurier tué à Tours, en 1631, par les Anglais. Lesage affirme qu'il la rédigea sur les mémoires du héros que la veuve de Beauchêne lui avait communiqués. Il raconte, dans ce roman, les prouesses très vraies et presque épiques de ce flibustier; il est rempli de saillies spirituelles intarissables.
En 1734, il revint à la littérature espagnole, et donna VHistoire d'EstevaniîîeGoniaîès, surnommé h garçon de bonne humeur, écrite par lui-même en espagnol. Cet ouvrage est l'imitation d'un livre espagnol attribué à Vincent Espinel. Il s'y trouve de la gaieté et de l'esprit. On y rencontre des réminiscences de Gil Blas trop nombreuses ; mais le style est toujours digne de Lesage.
Il publia, en 1735, l'année qu'il compléta Gil Blas, Une journée des Parques, songe. Cet opuscule eut du succès lorsqu'il parut.
Cette même année, il fit représenter /es Amants jaloux au théâtre italien. Cette comédie en trois actes et en prose fut imprimée l'année suivante (1736). Elle est émaillée de mots mordants et spirituels; le dialogue est vif et bien conduit.
Lesage donna, en 1736, les trois premiers livres du Bachelier de Salamanque ou Mémoires de don Chérubin de la Ronda, tirés d'un manuscrit espagnol. Cet ouvrage fut bien accueilli du public, ce qui engagea l'écrivain à le continuer; il publia les trois autres en 1738.
Le Bachelier est la dernière oeuvre importante de notre auteur ; et quoi qu'en dise Llorente, il ne pille pas les Espagnols.
Il prend le troisième rang, après Gil Blas et le Diable boiteux, parmi les romans de Lesage.
Il donna la quatrième édition du Diable boiteux en 1737, après l'avoir revu et corrigé. Il le fit suivre des Entretiens des cheminées de Madrid et des Béquilles du Diable boiteux. Les ^Kfr^/fms forment trois dialogues entre les cheminées de Madrid, qui se racontent sur les toits ce qui se passe sous leurs manteaux. Ces dialogues sont animés par une verve remarquable.