‹ Œuvres: Gil Blas de Santillane; illustr© d'un port. de LesageChapitre 2 sur 219 · YI NOTICE SUR ALAIN-RENE LESAGE ET SES ŒUVRES · texte numérisé non relu

YI NOTICE SUR ALAIN-RENE LESAGE ET SES ŒUVRES

de sa triple charge. Le jeune Alain-René fut placé au collège de Vannes, dirigé par les Jésuites. Le principal, l'abbé Bochart, le'remarqua et lui donna des preuves d'une grande affection. Il perdit sa mère le II septembre 1677, et il enterra son père le 24 décembre 1682. Lesage restait donc orphelin à l'âge de quatorze ans. Il fut placé sous la tutelle de son oncle, Gabriel Lesage. Mais les efforts de son tuteur, joints à ceux de son curateur, qui était également son oncle, firent fondre son patrimoine. Ces deux parents pillaient leur pupille à l'envi.

Ses études terminées, Alain-René vint à Paris vers 1690, pour y suivre son cours de philosophie et apprendre le droit. Parmi ses condisciples à l'université, il rencontra Danchet, avec lequel il lia une amitié étroite et à toute épreuve. Elle dura près de soixante ans.

Danchet avait trois ans de plus que Lesage. Ayant pressenti la vocation littéraire de son ami, il faisait tous ses efforts pour l'engager dans la carrière des lettres. Il parvint à faire de Lesage un auteur. A ce titre, la postérité lui doit quelque reconnaissance.

Lesage, qui était jeune, aimable, bien fait, doué d'un physique agréable, fut, dit-on, recherché dans les meilleures sociétés de la capitale. Si l'on en croit les frères Parfaict, il eut, avant son mariage, une intrigue avec une femme de qualité, qui lui donna son cœur et sa fortune. « Le printemps de M. Lesage, nous racontent les deux frères, ne fut point marqué par dès erreurs assez ordinaires à cette saison de l'âge : une femme de condition lui donna son cœur et lui fit part d'une fortune, qui, toute bornée qu'elle était, parut considérable, vis-à-vis celle de ce jeune auteur. Nous ignorons les événements qui suivirent ce commerce amoureux ; mais enfin la mort ou l'éioignement de cette dame terminèrent cette aventure. Cet amour passager fit place à une passion très vive... » Le nom de la dame et la fin de cette aventure galante sont restés ignorés. Il y a donc lieu de révoquer en doute cette anecuote.

La passion très vive, dont parlent les frères Parfaict, est celle qu'inspira à Lesage la femme qu'il devait épouser. Le 28 septembre 1694,

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