‹ Œuvres: Gil Blas de Santillane; illustr© d'un port. de LesageChapitre 9 sur 219 · NOTICE SUR ALAIN-RENÉ LESAGE ET SES ŒUVRES XIII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR ALAIN-RENÉ LESAGE ET SES ŒUVRES XIII

iiigues orientales. Il donna, à cette version l'élégance qui pouvait en rendre la lecture agréable. Il puisa plus tard, dans ces contes arabes et persans, une foule de sujets qu'il transporta au Théâtre de la Foire.

■ L'ouvrage de François Petis de la Croix, revu et corrigé par Lesage, parut, en deux volumes in-12, en 17 10.

Poussé par le besoin de nourrir sa famille, ayant renoncé au Théâtre- Français, et peut-être aussi entraîné par son ressentiment contre les comédiens, il se consacra, pendant vingt-sept années de sa vie, à un genre de spectacles auquel ses antécédents littéraires ne semblaient pas le destiner. Il travailla pour le Théâtre de la Foire.

C'est à tort que Palissot, et d'autres après lui, regardent Lesage comme le créateur de l'opéra-comique, qu'on désignait également sous les noms de Comédie-Vaudeville et de Comédie mêlée d'ariettes. Ce ne fut qu'en 17 12, au plus tôt, que notre auteur commença de travailler pour les spectacles forains, et on lui attribue volontiers tous les mérites du Théâtre de la Foire. Or, c'est bien antérieurement à cette date que ce genre de représentations a pris naissance, et c'est surtout aux auteurs du Théâtre italien qu'on en doit faire remonter l'honneur. Dès l'année 1700, une édition de leurs œuvres avait paru.

11 n'est peut-être pas hors de propos de retracer ici, d'après Lesage lui-même, l'histoire du Théâtre de la Foire : « Le Théâtre de la Foire (dont voici l'histoire en peu de mots) a commencé, dit-il, par des farces que les Danseurs de corde mêlaient à leurs exercices. On joua ensuite des fragments de vieilles pièces italiennes. Les Comédiens Français furent cesser ces représentations, qui attiraient déjà beaucoup de monde, et obtinrent des arrêts qui faisaient défense aux Acteurs Forains de donner aucune Comédie par dialogue ni par i^nologue. Les Forains, ne pouvant plus parler, eurent recours aux écriteaux : c'est-à-dire que chaque acteur avait son rôle écrit en gros caractères sur du carton qu'il présentait aux yeux des spectateurs. Ces inscriptions parurent d'abord en prose. Après cela on les mit en chansons, que l'orchestre jouait, et que les assistants s'accoutumèrent à chanter. Mais, comme

^ écriteaux embarrassaient sur la scène, les acteurs s'avisèrent de les ire descendre du ceintre...

« Les Forains voyant que le public goûtait ce spectacle en chansons, imaginèrent avec raison que, si les Acteurs chantaient eux-mêmes les audevilles, ils plairaient encore davantage. Ils traitèrent avec l'Opéra, «

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