FRAPPE A ISSOUDUN
(Extrait du toiuu Xll (uouvelle série) de la Revue numismatique,
1867, pp. 215-218.)
En rendant compte, il y a six ans, d'une découverte de monnaies du xn« siècle faite à Varzy (département de la Nièvre), j'ai été amené à classer ainsi qu'il suit les monnaies connues dlssoudun dont on peut composer deux groupes, en se fondant sur la forme donnée au nom de lieu (1).
XOLIDVN (Geoffroi, 1092. — Raoul II, 1127. — Gui de Nevers, 1168).
EXOLDVNI (Eudes III, vers 1180. — Richard, vers 1195. — Guillaume I", 12121
Le second de ses groupes s'accroît maintenant d'un nom, et d'un deuxième nom royal, ce qui estremai'quaile pour une si petite seigneurie; après Ricliard-Cœur-de-Lion, vient Philippe-Auguste. '
MM. Rolliri et Feuardent ont acheté un trésor découvert en Auvergne, composé d'un nombre très considérable de pièces
(1) U'ivue numism., 1861, p. 320. — P. 180 du présent voluuic.
DENIER DE PHILIPPE-ALGCSTE FRAPPÉ A ISSOLDUN. 303
parmi lesquelles on remarquait, outre une grande quantité de deniers d'Hervé de Nevers et de Raoul de Châtauroux^: 6 deniers de Tabbaye de Souvigny.
3 — de Guinganip.
1 — de Hugues HI de Bourgogne.
37 — de Geofl'roy de Gien.
5 — de Guy de Montluçon.
3 pièces frustes au type commun à Gap, au Puy, a
Orange, etc.
3 deniers de Philippe- Auguste frappés à Déols. 1 — du même, à Issoudun.
Cette dernière pièce, unique dans la trouvaille, a pour type :
Droit, PHILIP9 REX, croix.
Revers +€XOLDVNI, monogramme.
Voyons maintenant dans quelles circonstances elle a pu être frappée.
Richard-Cœur-de-lion fui tué devant le château de Chai us en Limousin, au mois d'avril 4199.
Ce fut le signal de la délivrance du Berry. Au mois de mai 1200, un traité fut conclu entre Philippe- Auguste et Jean Sans- Terre, frère de Richard, traité qui assura les iiefs anglais du Berry au roi de France. Ils devaient former la dot de Blanche de Castille, fille d'Alphonse VH! et d'Éléonore d'Angleterre qui elle-même était fille d'Henri H Plantagenet: et par conséquent sœur de Richard et de Jean. Le mariage de Blanche, fille de ce dernier, avec le jeune Louis, fils de Philippe-Auguste, était une des conditions du traité.
Nous avons donné, disait Jr»an Sans-Ten'e, en mariage à Louis, fils du roi de France, avec la fille du roi de Castille, notre nièce, le fief d'Issoudun, le fief de Graçay, ainsi que les fiefs du Berry qu'André de Chauvigny tenait du roi d'Angleterre. Et le roi de France restera ainsi saisi de tous ces fiefs jusqu'à ce que le mariage soit consommé, et quoiqu'il advienne dudit mariage avant qu'il se fasse, le roi de France les retiendra pendant toute sa vie, et ils retourneront à nous et à