‹ ŒuvresChapitre 101 sur 145 · DENIER DE PHILIPPE-AUGUSTE · texte numérisé non relu

DENIER DE PHILIPPE-AUGUSTE

nos héritiers, si ledit seigneur Louis n'a pas d'héritier issu de notre dite nièce.

« Dedimus autem in maritagium Ludovico fiïio régis FrancisB cum filia régis Castellae, nepte nostra, feodum Exolduni et Grascei, et feoda fiituresii, sicut Andréas de Calviniaco ea tenebat de rege Angliae, et' de onmibus ii erit dominus rex Francorum saisitus usqueduni matrimonium prœdictuin sit consummatum ; et quidquid contingat de matrimonio priusquam factum fuerit dominus rex Franciae tenebit praedicta feoda tota vita sua, et post decessum suum redibunt praedicta feoda ad nos et haeredes nostros, si prsedictus Ludovicus ha?rcdem non habueHt de prsedicta nepte nostra (1). »

Blanche de Castille eut, conune on sait, dix enfants, et le roi d'Angleterre fut amplement dispensé de reprendre le fief d'Issoudun.

Par lettre écrite des Andelys, le 23 mai 1200, Jean-sans- Terre annonce à André de Chauvigny que le traité de paix conclu avec Philippe-Auguste attribue à ce dernier les fiefs du Berry que ledit André tenait du roi d'Angleterre (2).

Louis, fils de Philippe- Auguste, né le 3 novembre 1187, était âgé de treize ans et mineur, lorsque le 23 mai 1200, il épousa Blanche de Castille. En conséquence c'était, suivant l'usage du temps, à Philippe qu'appartenait le droit d'inscrire son nom sur la monnaie d'Issoudun. C'est ce qu'avait fait, ainsi que nous l'avons montré, le comte Gui I de Nevers, pendant la minorité du jeune Eudes, fils de Mahaut de Bourgogne.

Je n'entreprendrai pas d'exposer ici comment après avoir laissé Issoudim en fief à Guillaume de Chauvigny dont nous avons le serment à la date de 1212 (3), et qui tenait cette seigneurie de Mahaut sa femme, demeurée après la mort de

(1) DoiiJ Brial. hec, des hislor. de France, t. XVII. 1818, p. 51. — Voy. La Thaumassière, HisL du Berry, 1689, p. 354, et Rayoal, Hist. du Berry, t. Ul, p. 100 et suiv.

(2) Léop. Delisle, Calai, de^i actes de Philipi^-Augusle, 1856, p. 143» n" 615.

(3) Maftenue, Veter. script, et mon. ampl. collect., Paris, 1724, I. I, p. H06. — La Thaumasdicre, Ilist, du Berry, p. 370, ch. xxviii.

FRAPPE A ISSOUDLW. 305

Raoul son frère, seule héritière d'Eudes III, comment, dis-je, Philippe hérita de Mahaut qui mourut sans enfants, ne conserva d'abord qu'^n tiers dlssoudun, puis recouvra successivement en 1220 et 1221 les autres portions. Ces faits ont été rapportés par la Thaumassière (1) et par M. Raynal (2). La monnaie nouvellement découverte tient encore tellement, par son style, au xu* siècle, et offre tant de ressemblance avec celles de Richard, qu'on ne peut pas la classer ^près le denier de plus grand module que Guillaume de Chauvigny a fait fabriquer avec le type de Tétoile et des fleurs de lis. Tout cet ensemble montre bien claîr/Dment à quel degré il est nécessaire de restituer à Raoul II le denier portant la légende XOLIDVN attribué par M. Poey d'Avant à Raoul III (3).

(1) La Thaumassière, llisl. du Berry, cli. XXIX.

(2) liist, du BeYrij, t. II, p. 108. — Voir les actes recueillis par M. Léop. Delisle, loc. cit., u»» 1961, 2012.

(3) Monn, féod., t. I, p. 280, pi. XLII, ii" 18.

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